( 31 juillet, 2012 )

Nineties : « Puisqu’il fallait bien continuer… » (39ème partie/C)

Troisième partie : Actes 5 & 6

Nineties :

Acte 5

 

 dans Et mes souvenirs deviennent ce que les anciens en font.

Sigmund Freud (1856-1939)

1925 regarde les pages de son éphéméride s’effeuiller tranquillement au fil des jours…

 

« Théophraste, tu n’as presque pas touché à ton assiette !

Ils ne sont pas bons mes ris de veau ?!? »

Ainsi parlait Fulbert Ronsignac, ami de longue date du susdit et patron du café où il était venu se ressourcer un peu.

Théophraste, très mélancolique :

« Ils sont on ne peut plus exquis, précieux camarade… »

 

Fulbert, faisant la grimace :

« Hum : ton appétit en est la preuve vivante ! »

 

Théophraste :

« N’ait crainte, ta cuisine n’est nullement en cause, mais il se trouve que j’ai quelques contrariétés… »

 

Fulbert, tirant une chaise, prenant place et reservant du vin à Théophraste :

« Raconte-moi, « ma vieille » !

Cela ne pourra pas te faire de mal, comme ce Saint-Emilion à damner les Dieux que je t’ai sorti de « derrière les fagots » du reste, à défaut de te faire du bien.

Et puis on ne sait jamais : paradoxalement, il s’avère que c’est souvent les éléments « extérieurs » qui aident à régler nos « problèmes internes »… »

 

 dans Saga familiale

« Ha ! voilà des paroles comme j’aime à en entendre dire !!! »

 

Théophraste, surpris :

« Mais qui parle ?!? »

 

Fulbert, le visage pétillant :

« Professeur Azincourt, vous étiez sur la place et mon personnel ne m’en a touché mot…

Je m’en vais de ce pas vilipander ces petits chenapants !!! »

 

Azincourt :

« Ne vilipandez point : je demande la clémence pour ceux des vôtres qui n’ont fait que respecter mon désir d’anonymat ! Ils sont vos fidèles soldats possédant bien plus d’honneur que nombre de notables…

Et puis de grâce, cessez de m’appeler  »professeur », j’en sais que cela pourrait offusquer… Vous savez bien, je vous l’ai assez répété, que mes pairs ne m’ont jamais accordé ce titre ronflant et pantouflard, apanage de cette gloire « obséquieuse », qui permet à moutl collègues d’espérer voir quelques pigeons se soulager sur leur statues érigées en place publique, avant qu’on ne leur développe ce tapis rouge, aboutissement d’un fantasme narcissique mais qui n’est, à mon sens, rien d’autre que l’antichambre de la mort !!! »

 

Fulbert  à Théophraste :

« Le Professeur Azincourt est à la médecine populaire ce que « Cyrano de Bergerac » est au théatre : un véritable bonheur, une bénédiction faite homme !!! »

 

Azincourt :

« Modérons les entousisames, de peur que mon ego ne se surdimentionne à l’excès ! »

Il prend un temps de réflexion, puis reprend :

« On se souvient de 1515 dans la mémoire collective, car personne n’a oublié « Marignan »… »

 

Théophraste :

« Je ne saisis pas le rapport, cher Maître… »

 

Azincourt, souriant :

« Vous en êtes un autre !

Etre adulé de telle sorte aujourd’hui et en ce lieu, c’est comme un pied-de-nez que donnerait « Dame Nature » pour se faire pardonner en mon endroit pour « sévices rendus »…

 

Théophraste :

« Vous avez voulu dire « services », je pense ! »

 

Azincourt :

« Absolument pas, mais vous allez comprendre :

je porte hélas, tel un boulet, le nom d’une bataille qui se déroula un siècle avant les exploits du Chavalier de Bayard.  »Azincourt » fut, comme vous ne sauriez l’ignorer, un désastre pour la France. Certains nationalistes chagrins tentèrent quelques mots d’esprit à ce sujet, ce qui leur valut plusieurs contusions et blessures : je ne fut jamais homme à baisser la tête sous l’injure, et Monsieur mon Père, ex-militaire vétéran de la guerre de 1870 devenu maître d’armes, m’enseigna l’art de l’escrime et de la lutte, ce qui fut bien utile pour tancer ces poupées de chiffon dont la seule gloire est de se fourvoyer dans les salons, du moins ceux qui eurent l’inconscience de me provoquer en duel !

Bon prince, je me suis toujours contenté de les blesser. L’un d’eux, très fine lame qui me posa problème put continuer l’escrime un moment, mais il dû mettre les drapeaux en berne pour la descendance qu’il n’aura plus jamais, suite à une esquive mal négociée…

Ho : je crois qu’il m’en a gardé grief !!!

(Hilarité de la salle)

Pour ne parler que du siècle dernier (19ème), le chiffre « 15″ fut loin d’être  »porte-bonheur » pour le Premier Empire, et ce n’est pas l’honorable

Louis Victor Baillot (1793-1898),

dernier « grognard » de Napoléon 1er mort à 104 ans, qui de sa haute silouette eût pu dire le contraire !!!

J’avais 26 ans quand Monsieur mon Père m’invita à rendre l’utime hommage au dernier survivant de Waterloo dans un petit village de Bourgogne, à Carisay.

Je ne sais pas si cette commune avait vu autant d’âmes sur son sol jusqu’à ce jour…

Félix Faure (1841-1899), qui n’avait pas jugé bon de se déplacer, en était à sa troisième année d’une présidence insignifiante : l’avant-dernière dernière de cet homme

« L’arme du crime » : Marguerite Steinheil (1869-1954)

qui se prenait  pour « César » et qui est mort « Pompée », comme l’a si bien dit

Georges Clémenceau (1841-1929),

grand personnage, lui, ne ratant jamais un trait d’esprit et encore moins un duel : il blessa ce pauvre Deschanel (1855-1922) encore député à l’époque et devenu plus tard Président « très fantasque », celui-là même qui, posté sur les branches des arbres de l’Elysée, imitait le cri des corbeaux lorsqu’il ne tombait pas du train, vetu d’un pyjama !!! »

 

Théophraste, hilare :

« Vous me feriez un grand honneur, mon cher Maître, si vous acceptiez de vous joindre à nous ! »

 

Azincourt, souriant :

« Ma foi, la chose est parfaitement envisageable… »

Il regarde la bouteille largement entamée de Saint-Emilion et dit :

« Mais permettez-moi d’apporter ma contribution en vous offrant la soeur jumelle de cette délicieuse fiole ! »

 

Fulbert :

« Un Saint-Emilion qui marche pour la douze !!!

Et tu vas me faire le plaisir de terminer tes ris de veau pendant qu’il sont encore chauds, sinon, je me fâche ! »

 

Théophraste :

« Bien patron… »

 

Azincourt, alors qu’un garçon porte son assiette tandis qu’un autre lui tend une chaise :

« Notre brave Fulbert est un artiste né : ses ris de veau sont à tomber par terre, quant à ses tripes à la mode de Caen (le plat que j’ai choisi aujourd’hui), c’est comme qui dirait, pour le palais, l’incarnation de la volupté suprême !!! »

 

Théophraste, de nouveau mélancolique :

« Hum, ça aide à faire oublier le reste… »

 

Fulbert, après un léger soupir :

« Et voilà, ça le reprend !!!

Explique-donc au Professeur ce qui te fait tourment , c’est un spécialiste du comportement qui a des solutions à tout. »

 

Azincourt :

« Votre confiance me flatte, mais la psychologie est loin d’être une « science exacte » !

Le jour où vous trouverez deux analystes capables d’aborder un même sujet, sans être tenté d’en référer

le lendemain au petit matin sur le pré, armes à la main,

vous m’en ferez part : j’aimerais bien savoir à quoi cela ressemble au moins une fois dans ma vie…

 

Théophraste :

« Vous ont ils provoqué parfois en duel ?!? »

 

Azincourt :

« Que nenni, c’était une galéjade !!!

Ils sont beaucoup trop couards pour avoir envisagé la chose, du moins sur ce terrain-là…

Leur courage est à l’image de leur domaine de compétence, ne passant que par l’autoflagellation, ce qui fait beaucoup moins mal qu’une blessure infligé par un adversaire. »

 

Théophraste, se tenant le menton :

« Si j’osais, je vous poserais une question qui me brûle les lèvres… »

 

Azincourt :

« Mais osez mon cher, ne soyez pas timide !

Quant à vos lèvres (il montre la bouteille de Saint-Emilion), nous avons le remède à l’incendie ! »

 

Théophraste, souriant :

« Que pensez-vous de Sigmund Freud et l’avez-vous rencontré ? »

 

Azincourt, fronçant les sourcils :

« J’ai croisé la route de cet individu en 1910. Il était en voyage à Paris, mais l’insignifiant médecin que j’étais n’eut pas le don de susciter en son endroit un quelconque intérêt… Pas plus que je ne l’ai en estime en qualité d’être humain ! »

 

Théophraste, sondant le regard d’Azincourt :

« Vous m’en avez trop dit ou pas assez, Docteur…

Que lui reprochez-vous au juste ? »

 

Azincourt, le regard dans le vague :

« Les fantômes qu’il a laissés au bord de sa route, dont un était de mes amis :

Victor Tausk (1879-1919) !!!

l’armée fit de nous des médecins militaires, mais hélas pas dans le même camp : il était en face.

Il avait en lui cette humanité qui fait toute la différence, étudiant les phénomènes de désertion dans le cadre des psychoses de guerre.

Sa vie ne fut que douleur, marquée par la pauvreté, la maladie et la dépression…

Nous sommes plusieurs « collègues de l’ombre » à le considérer comme l’un des pionniers de la psychanalyse, mais la postérité ne retiendra que le nom de  »Sigmund Freud » : ce médicastre mondain !!! »

 

Théophraste :

« Hé-là, comme vous y allez ! »

 

Azincourt :

« Victime de mon tempérament, comme toujours !

Quoi qu’il en soit, j’affirme que Freud, jaloux de l’intelligence de Victor, l’a sciemment écarté de sa route car il lui faisait de l’ombre, au « grand homme »…

Cela ne l’a rendu que plus malheureux, il s’est suicidé en 1919 : fin de transmissions ! »

 

Théophraste, faisant la moue :

« Vous me voyez déçu, car le portrait que reflète aujourd’hui

Monsieur Freud, fort de ses 69 ans,

donne plutôt l’apparence d’un honorable grand-père à qui on peut parler en toute confiance… »

 

Azincourt, le sourire ironique :

« Ha ça, vous pouvez lui parler : il suffit d’en avoir les moyens !!!

Trois ans avant ce siècle, ayant obtenu mon diplôme, j’entrai définitivement en médecine comme on entre en église, ayant pour seule bible le « Serment d’Hippocrate », mes ouailles étant aussi bien les vulnérables et les plus démunis que les plus riches (qui le sont bien moins quand la santé les abandonne)…

Ma conception de l’humain et des soins que je peux apporter à chaque âme passe par l’équité.

Monsieur Freud, lui, affirma dans une de ses publications et sans honte, que « les honoraires du psychanalyste sont un moyen de vivre et d’aquerrir de la puissance. »

Je croyais chauchemarder !!!

Les médecins ne seraient-ils rien de plus que des épiciers de luxe, réservé à une élite ?!?

Et il en remit plusieurs couches dans le tableau de mes horreurs :

« les paiements des analyses doivent s’effectuer en liquide et à dates fixes… »

Comme si ce n’était pas suffisant, voici l’estocade :

« Les honoraires doivent être élevés pour que le patient ait l’impression que la cure a de la valeur ! »

Ainsi, cette importance donnée par « le maître » aux revenus psychanalytiques exclut de soigner les malades pauvres !!!

Dire que ce triste sire a fait le même serment que moi : nous ne devons pas en avoir la même interprétation…

Mais je suis un incorrigible bavard : si vous me parliez de votre problème ?

Je suis tout ouïe ! »

 

Théophraste, regardant sa montre à gousset :

« Et si nous en parlions plutôt en ma demeure ?

Je constate qu’il est déjà bien tard et que tous les clients sont partis.

Notre ami Fulbert, a droit lui aussi à sa vie privée… »

 

Azincourt, sortant une liasse de billets qu’il tend à Fulbert :

« Se récréer est un des besoins fondammentaux dont je ne saurais priver notre Maître Queux ! »

Il fait un clin d’oeil au restaurateur puis reprend :

« N’y voyez aucune allusion psycho-freudienne ! »

 

Fulbert :

« Ho, Professeur !!! »

 

Azincourt :

« Voici pour les deux repas, permettez-moi de vous inviter, mon cher Théophraste… »

 

Théophraste :

« Ha diantre, vous m’avez pris de court !

La prochaine fois, ce sera pour moi… »

 

Tandis que les deux prennent congé, Fulbert se dit :

« N’empêche que je reste sur ma faim, moi, ce qui est le comble pour un restaurateur !

Dans cette histoire, je serai le seul à ne pas savoir pourquoi mon ami Théophraste était si triste… »

Acte 6

  »Ces ampoules électriques sont bien pratiques, mais elles n’ont pas le charme des chandelles d’autrefois, et une certaine nostalgie m’étreint lorsque je repense à la bonne lampe à pétrole de mon enfance… »

Ainsi parlait Théophraste Bonneville, ayant convié le Docteur Hippolite Azincourt à entrer dans son salon, qu’il venait d’éclairer à l’aide d’un simple interrupteur.

Azincourt, pensif :

« L’esprit de l’Homme n’est qu’un amoncellement de paradoxes.

En effet, il fait tout pour s’évader d’un passé auquel se raccroche…

Votre canapé a bougé ! »

 

Théophraste, décontenancé par la dernière phrase :

« Le canapé qui bouge ?!?

Ha oui !

Vous utilisez la technique « nouvelle vague » de ces littéraires surréalistes, en improvisant une parabole qui à première vue est hors sujet concernant le  »paradoxe », qui vous est venue spontanément …

J’ai entendu parler de ça : « le fonctionnement réel de la pensée », « le psychisme automatique pur ».

Je ne vous imaginais pas adepte de ce jeune écrivain en vogue que l’on nomme

André Breton (1896-1966)…

Azincourt, amusé :

« Vous faites preuve d’une créativité tout à fait remarquable et les arcanes de votre raisonnement n’ont rien à envier à ces pseudo-intellectuels qui se font les chantres d’une philosophie des temps nouveaux, à supposer que c’en soit !

Mais dans le cas qui nous intéresse, mon observation n’était que purement cartésienne, car je vous parle d’un meuble, le vôtre en l’occurence, où un être vivant semble avoir pris place sous la couverture, sans plus.

Cependant, si vous souhaitez que je vous sorte une parabole, je peux aisément en créer une sur le thème du « canapé », vecteur de l’ascension sociale de certains analystes… »

 

Théophraste s’approche du canapé et soulève la couverture.

Il découvre Chimène endormie et dit :

« Que fais-tu là mon bébé ?!? »

 

Chimène, émergeant du sommeil et agressive :

« Je t’ai déjà dit de ne plus m’appeler comme ça !!! »

 

Azincourt, s’adressant à Chimène avec un large sourire, essayant de détendre l’atmosphère :

« Enchanté ! Et moi c’est Hippolite Azincourt… »

 

Chimène, se tenant la tête :

« Tant mieux pour vous !!! »

 

Théophraste, indigné :

« Dis-donc ma fille, c’est comme ça que je t’ai élevée ?!? »

Il s’adresse à Azincourt :

« Excusez-là, elle est…

Heu…

Elle est… »

 

Azincourt :

« Elle est ce problème dont vous vouliez me parler, je l’ai parfaitement subodoré…  »

Théophraste relève le menton de sa fille qui proteste :

« Lâche-moi… »

 

Théophraste, fronçant les sourcils :

« C’est bien ce qu’il me semblait : tu as bu de l’alcool !

C’est d’ailleurs la seule explication à ton agressivité, toi qui n’en boit jamais !!! »

 

Chimène, en pleurs :

« Laisse moi me détruire !!!

De toute façon ma vie ne vaut plus rien… »

 

Théophraste très attristé :

« Ne dis pas ma petite fée !!!

Ta vie vaudra ce que tu en feras…

Elle a déjà sauvé la mienne par sa seule présence.

Sache que je ne serais plus qu’un nom et une date à côté de celui de ta Maman, gravé sur cette triste plaque de marbre sous laquelle elle repose, si elle ne m’avait pas fait le plus beau cadeau du monde : celui de ton existence ! »

 

Chimène, se jette dans les bras de son Père qu’elle serre de toutes ses forces, éclatant en sanglots contre la poitrine paternelle.

 

http://www.youtube.com/watch?v=Hdlz6QzyAVA

 

Théophraste, essuyant discrètement les larmes coulant sur son visage, fait assoir Chimène, chancelante, sur le canapé.

Se reprenant, il dit :

« Tu avais pourtant pris de bonnes résolutions, quelquechose m’échappe…

Ne devais-tu pas faire amende honorable en te réconciliant avec René, à l’occasion de ce bal ?

Que s’est-il donc passé ?

Qu’as-tu encore fait, mon enfant ? »

 

Chimène, s’allongeant sur le canapé :

« Je ne sais plus, tout s’embrouille dans ma tête… »

 

Azincourt demande à Théophraste de s’éloigner, approche une chaise à côté du canapé puis s’assoit. Il sort une montre à gousset de la poche de son gilet et la met devant le visage de chimène, se disant à lui-même :

« On aura beau dire, la bonne vieille technique du « Père Charcot », il n’y a que ça de vrai ! »

Puis s’adressant à Chimène d’une voix calme, sous les yeux médusés de Théophraste :

« Vous ne voyez que cette montre… Vos membres deviennent lourds, vos paupières aussi… »

Il compte lentement à rebours à partir de dix, hypnotisant ainsi Chimène qui affiche un regard totalement décontracté.

Azincourt, sortant un carnet de note et un crayon :

« Vous êtes en route pour aller à ce bal… Qu’avez-vous à l’esprit à cet instant ? »

 

Chimène :

« Je t’ai fait du mal…

René, pardonne-moi !!!

Je t’aime…

Je t’en supplie, pardonne-moi mon amour !!! »

 

Azincourt :

« Que lui avez-vous fait ? »

 

Chimène :

« Pour le rendre jaloux, je suis sorti aux bras de Célestin. »

 

Théophraste, affligé :

« Le fils de la bonnetière que tout le quartier appelle « la veuve joyeuse »…

Celui-là, elle l’a vraiment trié sur le volet, car dans la mémoire collective, voire même dans l’histoire de l’humanité, je ne crois pas qu’on ait trouvé plus con !!! »

 

Azincourt, faisant signe à Théophraste de se taire :

« Pourquoi vouliez-vous le rendre jaloux ? »

 

Chimène :

« Il y a quelquechose à l’intérieur de lui qui refuse tout l’amour que je lui offre.

On dirait qu’il a honte, comme s’il se sentait coupable

d’avoir commis un acte inavouable… »

 

Théophraste, à l’oreille d’Azincourt :

« On marche sur la tête, la !!!

Mais que lui faut-il de plus ?!?

Je l’ai traité comme un fils.

Et quand les deux ont « franchi le pas », j’ai accepté la situation avec bonhomie, quand certaines badernes auraient sorti le fusil, particulièrement quand j’ai trouvé « Monsieur » dans la baignoire, tandis que Mademoiselle (qui ne l’était plus !) était nue sous son peignoir…

J’étais tellement heureux du bonheur de « mes deux enfants » !

Quand on voit le résultat, vous parlez d’une réussite :

depuis, les deux sont devenus complètement neurasthéniques, c’est à n’y rien comprendre… »

 

Azincourt, notant sur son carnet les remarques de Théophraste :

« Hum-hum… Intéressant !

Pour la compréhension, nous devons respecter deux stades préliminaires incontournable…

Je vous expliquerai le moment venu. »

Puis se retournant vers Chimène :

« Quand il vous a vu avec ce Célestin, comment a-t-il réagit ? »

 

Chimène :

« Pauvre chéri, j’ai vu toute la détresse du monde dans son regard…

Depuis, il ne m’a plus adressé la parole, et j’en meurs un peu plus chaque jour !!!

Je ne sais pas quels sont ces démons qu’il a en lui, mais en lui ouvrant mes bras et mon coeur, je pensais les chasser avec le temps… »

 

Azincourt :

« Et vous croyez que ce n’est plus possible ? »

 

Chimène, dont les larmes coulent :

« Plus depuis ce bal !!! »

 

Azincourt :

« Pourquoi dites-vous cela ?

Que s’est-il passé ? »

 

Chimène :

« Des amis communs avaient fini par convaincre René de les suivre dans ce dancing, ce qui était un exploit lors qu’on sait qu’il n’aime ni la musique et encore moins la danse…

Une fois passée la porte, j’ai voulu me précipiter vers lui, lui criant tout mon amour et prête à me jeter à ses pieds en implorant son pardon, et… »

Les sanglots la reprennent…

Azincourt :

« Et ?… »

 

Chimène :

« Il y avait « Alice », cette Anglaise au charme rafiné,

et l’objet de mes amours qui lui tenait conversation…

René, que j’avais laissé si désemparé à la suite de ma stratégie complètement idiote, affichait un regard plein de lumière, que lui reflétait cette orpheline arrivé en terre de France à l’âge de cinq ans avec son petit frère.

Elle avait coiffé « Sainte Catherine » deux ans plus tôt, mais ces deux années de plus ne semblaient pas être un problème pour mon René !

Je me serais damné, j’aurais été me perdre jusque dans les antres de l’enfer, pour inspirer ce regard qui unissait devant moi ces deux-là !!!

Ils se sont pris la main, ils ont dansé…

J’ai compris dès cet instant que ma vie ne serait plus qu’un long hiver, pour le temps qu’il me restait à vivre… »

 

Théophraste, se livrant à une tentative d’humour que l’on sort dans les situations les plus désespérées :

« Si l’Anglais est sur la place, la défaite est inéluctable !!!

Ce n’est pas vous qui pourrez dire le contraire, n’est-ce pas mon cher Azincourt ?!? »

 

A suivre…

6 Commentaires à “ Nineties : « Puisqu’il fallait bien continuer… » (39ème partie/C) ” »

  1. FANETTE dit :

    Bonjour Jean-Jacques
    Oup’s c’est long ce coup ci alors j’en ai lu la moitié et reviendrai plus tard lire la suite
    bonne journée
    bisous

    Dernière publication sur FANETTE : lll

    • Bonjour FANETTE,

      Et oui, cet épisode est long, comme le sera le prochain…
      Ceux d’après auront le « format classique » :D !
      Ceci s’explique par le fait que j’ai conçu cette 39ème partie comme une pièce de théatre.
      J’ignorais qu’il y aurait 8 actes, l’inspiration venant en cours d’écriture.

      Imagine si j’avais livré cette « 39ème » en un seul bloc au lieu de la scinder en 4 parties [A,B,C et bientôt D] !!!

      Gros bisous,

      Jean-Jacques.

  2. Azincourt sera-t-il l’homme-miracle,pour sortir Chimène de sa torpeur,les chagrins d’amour ne seront jamais démodés,à chaque époque ils font leurs funestes oeuvres en les coeurs,pourtant ce médecin semble vraiment empli d’humanité,si sincère et humble en son âme,que Théophraste a mille fois raison de lui faire confiance,
    quel délice de goûter cette époque si transitoire vers notre moderne société,par tes mots si savoureusement décrite,
    vite la suite Jean-Jacques,car là nous sommes pénétrés en cette étonnante saga familiale !!,
    très bonne soirée à toi et à bientôt.

    Dernière publication sur Chasseur d'Images Spirituelles : Les enfants d'une vérité éternelle

    • Salut Loïc,

      La transition : ce passage de témoins qui symbolise tout ce qui me passionne dans ma conception du temps et qui a en partie créée l’acte 5…
      Merci pour le compliment !!!

      Amitiés,

      Jean-Jacques.

  3. canelle49 dit :

    Bonsoir JJ,
    je n’ai pas pu m’empêcher avant de partir demain matin de venir te lire dès que j’ai su que tu avais mis la suite et je ne le regrette pas, comme toujours, c’est divin et pour moi pas trop long, bien au contraire, trop court. Quand j’aime un bouquin je ne le lâche plus………Encore une petite merveille de fraicheur, d’humour, de tendresse que je viens de prendre ce soir en te lisant……Merci JJ.

    Gros bisous, à Bientôt, prends soin de toi…

    Helene

    Dernière publication sur air du temps : Un cri d'amour !

    • Bonjour Hélène,

      Merci pour cet entousisame qui récompense un travail qui n’a pas été évident…
      Je ne crois pas m’être investi « émotionnellement » à ce point depuis que j’ai entamé ma « saga », mais c’est ce qui rend la démarche d’autant plus passionnante.
      Je dis ça parceque je vis les scènes en même temps que je les écris.
      Il y a beaucoup de « fiction », certes, mais aussi et surtout beaucoup de mon vécu que je projette, aussi bien dans ses espoirs que dans son désespoir…
      Quant au Père Freud, j’ai un vieux contentieux avec lui, mais tu comprendras quelques épisodes plus tard pouquoi : j’aurai l’occasion d’en reparler !

      Je me remets dès ce soir à l’écriture des 7ème et 8ème actes qui seront les derniers de la pièce, mais pas de la saga ;)

      Grrrrrrros bisous,

      Jean-Jacques.

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