( 8 juillet, 2012 )

Nineties : « Puisqu’il fallait bien continuer… » (39ème partie/B)

Deuxième partie Actes 3 & 4

Nineties :

Acte 3

 dans Et mes souvenirs deviennent ce que les anciens en font.

« Si je vous gêne, n’hésitez-pas à me le dire, jeune homme !!! »

Ainsi parlait Chimène à René qui venait de faire intrusion dans la salle de bain du Sieur Théophraste Bonneville, dans le but de se rafraîchir.

Installée dans la baignoire, elle était (en toute logique) dans le plus simple appareil, dissimulant sa poitrine à l’aide de sa main gauche et son intimité de l’autre…

René, après avoir sursauté et ne pouvant dissimuler son trouble :

« Ha mon Dieu !!! »

 

Théophraste, entrant à son tour :

« Ha son… Ha sang de Dieu !!!

Tu étais donc là, ma fille ?!? »

 

Chimène :

« Après avoir fait le ménage, repassé le linge et mis notre gigot dominical au four, je m’étais octroyé quelqu’instants de détente, prenant ce bain froid pour lutter contre cette chaleur insoutenable.

Je me devais d’être présentable pour notre invité ! »

 

Théophraste, pensif :

« Très bonne initiative.

Mais en parlant de ça…

Avez-vous remarqué, mes enfants, que le temps devient de plus en plus anarchique ?

A l’image des hommes, du reste ! »

 

René, encore rouge de confusion, tournant le dos à Chimène pour en respecter la pudeur :

« Il est vrai que l’hiver a été particulièrement doux en ce début d’année (1921), et ce n’est qu’en avril qu’il s’est mis à neiger : c’était assez surréaliste ! »

 

Théophraste :

« Comme tu dis…

Et juste après, le thermomètre s’est remis à grimper !

On ne m’ôtera pas de l’idée que toutes ces technologies modernes, dont la Grande Guerre a servi d’étal, n’est en rien responsable de cette variation climatique hors norme… »

 

Chimène, fronçant les sourcils :

« Papa ! »

 

Théophraste :

« Oui ma fille ? »

 

Chimène :

« As-tu remarqué ma tenue ? »

 

Théophraste, complètement à l’ouest :

« Oui, et alors ?

C’est celle que tu avais à ta naissance, mais je te rassures : tu as bien grandi depuis et je suis fier de te dire que tu n’as pas à en avoir honte… »

 

Chimène atterrée :

« Je te remercie, mais penses-tu que ma posture en ce lieu soit adéquate pour participer à une conférence concernant « l’influence de l’industrie sur la météorologie à travers les âges », et ce : en présence d’une tierce personne ?!? »

 

Théophraste, réalisant le paradoxe, mettant sa main à la bouche :

« Mille excuses, mon petit lapin bleu !!! »

 

Il invite René à rejoindre le salon, tandis que Chimène, sortant du bain, lui dit :

 dans Saga familiale

« Peux-tu éteindre le four, Papounet, et sortir le gigot ?

Surtout, fait bien attention de… »

 

Théophraste :

« Aïe !!! »

 

Chimène, levant les yeux au plafond :

« Trop tard…

Je voulais dire de ne pas te brûler en prenant le plat avec un torchon ! »

 

Tandis que René « prend le dossier en main », théophraste souffle sur les siennes en disant :

« Oui, et bien… On ne peut pas être doué pour tout :

je suis photographe,

si j’étais une fée du logis, ça se saurait !!! »

 

René, très concentré, observant un plat de légumes qui mijotait :

« Je pense qu’il serait judicieux d’éteindre le feu sous cette marmite… »

Soulevant le couvercle, ses yeux s’illuminent :

« Je n’ose y croire : des flageolets verts !!! »

 

Théophraste, donnant un verre de porto à René :

« Tradition familiale qui nous vient de feu mon épouse…

En cette demeure, un dimanche ne se conçoit pas sans un gigot (piqué à l’ail, cela va sans dire mais beaucoup mieux en le disant), et ses flageolets-verts !

Au risque de passer pour un mécréant, j’affirme que ça vaut bien toutes les messes commémoratives du monde. »

 

René, empreint d’une soudaine nostalgie :

« Votre épouse, paix à son âme, semble être partie beaucoup trop tôt, à l’image de ma Maman !

Ce fumet me rappelle mes souvenirs d’enfant, ceux des jours heureux quand j’étais dans ses jupes, à la regarder cuisiner… Je l’ai perdue alors que j’allais avoir huits ans… »

 

Théophraste :

« Pauvre petit, que le destin est cruel, parfois !

Chimène avait pratiquement le même âge quand sa Maman décéda des suites d’une pneumonie, en cette douloureuse année 1910…

La Seine se mit à déborder, inondant Paris comme si elle s’était associée à notre chagrin, joignant ses larmes à celles de ma petite « Chichounette » et aux miennes !

Depuis, j’ai élevé ma Chimène tant bien que mal…

Plutôt bien que mal, quand j’y pense ! »

 

René, sondant le regard de théophraste :

« Quand vous dites « plutôt bien », je ressens comme une restriction, un doute quelquepart… »

 

Théophraste :

« Lirais-tu dans les âmes, fils, comme ce Monsieur Freud que l’on s’arrache dans les chroniques mondaines ?!?

Chimène sera toujours ma petite fille.

Elle a eu dix-neuf ans cette année, ce qui veut dire que dans deux ans, elle sera majeure… »

 

René, souriant :

« Cela arrive à des gens des bien, vous savez ! »

 

Théophraste, mettant affectueusement sa main sur la nuque de René :

« Un peu de sérieux, gamin…

Tu sais, il arrive un moment où l’oiseau doit quitter son nid, même si ça doit déchirer le coeur du Papa oiseau… »

 

René :

« J’ai cru comprendre, en écoutant vos dires chez ma Tante, que « Papa oiseau » n’aura pas le coeur déchiré avant un bon moment ! »

 

Théophraste :

« Aïe-aïe-aïe, tu l’as dit mon gars !!!

Lorsque ma pauvre Edmée rejoignit un monde « meilleur », comme aiment à le qualifier les bigotes de service, ma tendre Chimène se mit en devoir de protéger son « petit Papa » du monde extérieur…

C’est ainsi qu’au fil des ans et sans que je m’en aperçoive, elle s’est appropriée le titre de « Maîtresse de Maison », faisant fuir toutes femmes qui souhaitaient m’approcher. »

 

René :

« Si d’entre-elles Chimène a fait fuir les bigotes, vous devez lui en rendre grâce !!! »

 

Théophraste :

« C’est l’aspect le plus positif de la chose, car je n’aurais pas pu concevoir une vie austère ne me permettant de voyager qu’entre le missel et la flagellation, l’acte charnel n’étant réservé qu’à la reproduction et les dimanches à l’eucharistie !!! »

 

René, horrifié :

« Tu m’étonnes qu’elle parlent d’un « monde meilleur », pensant quitter ce quotidien qu’elles ont transformé en enfer et dans lequel elles souhaiteraient tant nous enfermer, ces péronnelles…

 

Théophraste, faisant la moue :

« Allons-allons, jeune homme, un peu de tolérance pour ces « créatures de Dieu » ! »

 

René, remonté :

« Hum… La tolérance : il y a des maisons pour ça !!!

Chacun sa prostitution, et  je ne sais pas quelle est la pire : celle d’un corps sain ou d’une âme flétrie ?!? »

 

Théophraste :

« Hé bien ?!?

Je ne croyais pas un jour rencontrer plus anticlérical que moi…

Je ne sais pas ce que t’ont fait les Jésuites, mais il faudra que tu laisses ton aversion pour la calotte au vertiaire, fils, car le clergé représente une partie non négligeable de mon chiffre d’affaire, et par effet rebond de tes revenus !

J’espère que vous allez vous entendre avec ma fille, car tu as l’air d’avoir toi aussi un foutu carractère…

Depuis qu’elle s’occupe de ma comptabilité et du secrétariat, je n’ai pas pu garder un employé pendant plus de quinze jours : le temps d’épuiser les patiences ! »

 

René :

« Ou de tester les incompétences… »

 

Chimène entre à ce moment dans la cuisine (habillée, cette fois-ci).

René est complètement subjugué par son regard, ce qui semble être réciproque.

Après un court silence, elle dit :

« Ce pourrait-il qu’enfin une personne me comprenne en ce bas monde ?!? »

L’après-midi était déjà bien entamé et nos trois personnages étaient toujours à table.

Un débat faisait rage entre Chimène et son Papa, qui reservait un  »Saint Nicolas de Bourgueil » dans le verre en cristal de René, très amusé de la scène.

Chimène :

« Je vous prends à témoin, René : pensez-vous qu’on ait amélioré la condition humaine depuis le début de ce siècle ?!? »

 

Théophraste, agaçé :

« Fous-lui la paix et ressers-lui un peu de gigot… »

 

René, n’en pouvant plus :

« Merci mes amis, mais en ayant repris trois fois et n’étant doté que d’un seul estomac, je me vois dans l’obligation en son nom de sortir le drapeau blanc, de peur qu’il n’explose !!!

Pour en revenir à ce dont vous parliez, je pense qu’il faudra encore pas mal de temps avant que chaque être humain ne prenne conscience de ce qui fait la véritable valeur des choses.

Je pourrai vous en dire plus dans les mois qui suivent, étant par la force des évènements entré dans le cercle « non fermé » des prolétaires : cette catégorie qui ne possède que sa force de travail sans en avoir les moyens de production, dixit Karl Marx. »

 

Théophraste, joignant ses deux mains comme pour prier :

« Je vais envoyer un coursier chez ta Tante pour dire que tu n’es pas prêt de rentrer ! »

 

René, intrigué :

« Palsembleu ! Et pourquoi donc ?!? »

 

Théophraste, tandis que Chimène fait une grimace à son Papa :

« Parceque tu viens d’entâmer un débat qui va globalement nous emmener jusqu’à demain matin !

J’aurais dû surveiller les lectures de mon enfant qui, je ne sais par quel biais, s’est attachée à la littérature du dit « Karl Marx » dès son adolescence.

Cet homme n’a pratiquement aucun secret pour elle, hélas…

Je dis bien  »hélas », car on peut dire qu’il aura envenimé les relations avec « ma chair » qui, jusqu’à présent, étaient proches de l’harmonie !!! »

Chimène, boudant comme une petite fille :

« Ce n’est pas parcequ’on a une différence d’opinion que nos rapports sont empoisonnés, Papounet ! »

 

Théophraste à René, ce dernier observant Chimène tel un scientifique face à une énigme :

« Peux-tu me dire ce que tu penses, là, à l’instant ?!? »

 

 René, surpris :

« Heu… Et bien…

Je me disais que, compte tenu de la conjoncture, quand la crise de « l’enfance finissante » se conjugue aux doutes des adultes qui contrôlent de moins en moins les mutations dues au modernisme, il ne faut plus essayer de comprendre mais prier !!! »

 

Théophraste, après un long silence, Chimène restant bouche bée :

« Tu as mal à la tête, petit ?…

Il regarde la bouteille de vin et dit :

« L’épicier m’avait prévenu, le Saint Nicolas de Bourgueuil peut avoir des effets secondaires dévastateurs… Surtout avec cette chaleur ! »

 

Chimène, regardant à son tour René comme une « bête curieuse » :

« Ainsi, vous ne voyez pas d’autres alternatives que de prier, vous : l’anticlérical, au lieu de faire face quand une situation devient trop compliquée pour le commun des mortel ?!? »

 

Théophraste, inquiet :

« Et allez-donc, ça la reprend !!!

Dis-moi, ma petite Chimène, tu as fait fuir mon dernier employé au bout de quinze jours…

Serait-ce un effet de ta bonté de laisser au moins celui-là prendre ses quartiers demain, avant de me l’esquinter ?!? »

 

René, très confiant :

« Ne vous en faites pas, Monsieur Théophraste : je ne suis pas du style à me rendre sans combattre…

Puis, s’adressant à Chimène :

« Je suis étonné que vous n’ayez pas saisi le « second degré » dans mon propos, à moins que ce ne soit une feinte de votre part !

Car la prière (que je condamnais sous forme de fausse approbation) n’est autre à mon sens qu’un anesthésiant, destiné à mieux faire accepter la misère des Peuples dominées par la cupidité et l’égoïsme d’une caste aux doigts crochus, que j’espère bientôt voir disparaître… Celle-là même qui devrait avoir honte lorsqu’elle marche devant nos monuments aux morts, sachant qu’elle est en partie responsable du sort de nos familles endeuillées !!!

Mais pour elle, qu’est-ce qu’un être humain, sinon un vulgaire pion que l’on déplace sur l’échiquier de leur barbarie ?!? »

 

Chimène, dont le visage venait se s’éclairer :

« Je pense que nous allons bien nous entendre… »

 

Théophraste, levant les yeux au ciel et marmonant :

« Une fille marxiste sous mon toit, c’était déjà pas facile, alors gérer un numéro de duettistes…

Dieu, si vous passez dans le coin et sans vous commander, venez-donc jeter un oeil : on ne sera pas trop de deux dans ce périple !!! »

 

René :

« Vous priez, Monsieur Théophraste ? »

 

Théophraste, soupirant :

« Non, j’admire mon lustre… »

 

Acte 4

 

Le temps a passé, nous sommes déjà en 1925, au coeur des années folles…

Eudocie, veuve inconsolable du Capitaine Charles-Clément depuis l’année précédente, avait rejoint son militaire d’époux, vaincu une fois de plus dans un dernier champ de bataille qui n’était autre que son lit et la salve ultime une grippe des plus communes.

Rose-Aimé, malgré la tritesse qu’elle ressentait après sa disparition, n’avait pu s’empêcher d’ironiser sur le parcours militaire de Charles-Clément, le résumant par cette épitaphe :

« Décidément : il n’aura jamais gagné une bataille… »

Théophraste Bonneville avait accepté d’accompagner Rose-Aimée au vernissage  d’un photographe et peintre américain âgé de 35 ans, répondant au nom de Man Ray. Selon le « tout-Paris » les oeuvres de cet artiste, débarqué au Havre en 1921, étaient fort prometteuses…

Théophrase, ne pouvant refuser de servir de chevalier-servant à son « amie de toujours », restait cependant dubitatif après l’étude approfondie d’une oeuvre de l’intéressé, exposée parmis tant d’autres.

Pour le pauvre hère figuratif qu’il était, perdu dans le monde décalé d’une « contestation caviar » où le « dadaisme » avait été détrôné par les « hyperréalistes » et les vertues du capital par celle de l’idéologie communiste si bien défendue par sa fille, notre bon Théophraste acquit une certitude :

(Photo de Man Ray)

ce monde marche de plus en plus à l’envers, et la psychanalise du Père Freud ne sera peut-être pas si inutile que cela dans les années, voire les siècles qui suivront !!!

Pendant ce temps, Chimène : cette « lionne indomptable », était serrée contre les bras de René, dans un lit qu’elle n’avait jamais partagé auparavant.

 

Chimène, caressant les cheveux de René :

« A quoi tu penses ? »

 

René, le regard dans le vague :

« Je me demande si on n’est pas en train de faire une énorme bêtise.

Jusqu’à aujourd’hui, tu étais comme une petite soeur pour moi…

Une soeur avec un foutu caractère, j’en conviens, mais ma petite soeur quand même !

Monsieur Théophraste était devenu comme mon Père.

Plus rien ne sera pareil maintenant ! »

 

Chimène :

« Et ça te fait peur ?!? »

 

René :

« Peur ? Ce n’est pas le terme exact… « Gêne » serait plus approprié.

Pour une fois que j’avais trouvé enfin une vie stable et honnête, je m’étais habitué à mon petit train-train, avec pour compagnes les douleurs du passé, certes, mais aussi ma bonne conscience : chose assez rare au sein de ma famille de sang, ce qui m’aidait à faire passer tout le reste !

Après ce qu’on a fait en se cachant de ton Père, comment pourrai-je le regarder en face, maintenant ? »

 

Chimène :

« Parceque tu crois qu’il tombera des nues quand il finira par apprendre qu’on a franchi le pas ?!?

Mais mon pauvre amour, réveille-toi ! Tout le monde le savait pour nous !!! »

 

René, ironique :

« Tout le monde savait ce que nous allions faire dans ta chambre cet après-midi ?

Ils auraient pu m’en toucher un mot, les visionnaires !!! »

 

Chimène, agaçée :

« Ne te fais pas bête que tu n’es… »

 

René, dégageant tendrement une mèche sur le front de Chimène :

« Ne te fâche pas ma belle… »

 

Chimène, les yeux humides :

« J’ai tellement attendu !

Quatre longues années où je me disais :

« Mais va-t-il enfin comprendre que je n’ai jamais voulu être sa petite soeur, qu’il a toujours été pour moi beaucoup plus qu’un frère ?!? »… »

 

René :

« Comment ça : quatre ans ?

Tu veux dire depuis 1921 ?!? »

 

Chimène, baissant les yeux :

« Depuis le premier jour, quand tu es entré dans la salle de bain, j’ai su que c’était toi l’homme de ma vie… »

 

René :

« Ha bon ?!?

C’était pas un peu rapide comme conclusion ? »

 

Chimène, le regardant droit dans les yeux :

« Après ce qui c’est passé tout à l’heure :

ose me dire que tu n’as aucun sentiment pour moi !!! »

 

René, baissant les yeux à son tour :

« Tu sais bien que ce n’est pas possible… »

 

Les deux s’embrassent puis Chimène se lève.

Elle enfile un peignoir et dit :

« Je vais te faire couler un bain, mon chéri… »

 

 

Une heure plus tard…

Théophraste, après avoir ouvert la porte, invitait Rose-Aimée à entrer dans sa demeure.

Rose-aimée :

« Ce « Charles le Catholique » n’a décidément aucune pudeur, s’afficher devant le tout-Paris avec cette « cocotte » et pire, la fille de celle-ci… Il repousse chaque jour les limites de l’horreur !

Je ne pouvais tenir une seconde de plus en présence de ce monstre, j’aurais fini par le souffleter… »

 

Théophraste :

« Calmez-vous ma chère, vous vous faites du mal !

Vous savez que je n’ai pas beaucoup d’estime pour cet homme dont j’ai récupéré le fils, mais je ne crois pas qu’il ait l’étoffe d’un satyre s’adonnant au détournement de mineure, sous l’égide d’une maquerelle.

Cette jeune fille aux allures si timides qui accompagnait cette demi-mondaine doit avoir tout au plus une quinzaine d’années, née donc deux ans après le décès de Ludivine : sommes-nous sûrs que ce Charles, ce veuf si inconsalable, l’ai été autant que cela ? »

 

Rose-Aimée :

« Non ! Vous ne suggérez-pas que René aurait perdu son statut de  »fils unique » depuis 1910 ?!?

Si cette petite devait avoir un lien de parenté avec notre René, la nature lui aurait fait un sacré pied-de-nez, car avez-vous remarqué comment elle égrainait ce chapelet qui semble ne jamais la quitter ? »

 

Charles-Clément :

« Ha oui, maintenant que vous me le dites… On aurait dit une brebis égarée parmis les loups !

Mais chut, j’entends du bruit !!! »

 

A cet instant, Chimène fait intrusion dans le salon, très embarrassée.

Elle dit :

« Papa ? Mais tu es rentré plus tôt !!! »

 

Théophraste, souriant à Rose-Aimée :

« Vous avez vu : elle a de l’observation ma fille, hein ?

Et puis, il est joli son peignoir !

Sers donc quelquechose à boire à notre chère Rose-Aimée pendant que je me raffraîchis un peu le visage… »

 

Chimène, toute rouge :

« Mais ?!? »

 

Tandis que théophraste entre dans la salle de bain, Rose-Aimée, arborant un visage joyeux, embrasse « maternellement » Chimène sur le front en lui disant :

« Alors, tu as réussi à l’apprivoiser, finalement ? »

 

Chimène, troublée :

« A… Apprivoiser qui ?!? »

 

Rose-aimée, serrant Chimène contre son coeur :

« Comme tu es touchante ma petite fille…

Je suis heureuse pour vous deux !!! »

 

Théophraste, sortant de la salle de bain tandis que Chimène était tétanisée, soutenue par Rose-Aimée :

« Au risque de passer pour un vieu jeton, je persiste et signe : en matière d’art,  je préfère La Joconde sans moustache et je suis assez attaché au respect des Maîtres, car il est plus facile de dénigrer que d’inventer… Qu’ils soient « dada » ou « hyper… machins », ce ne seront pour moi que des petits cons qui entraineront la race humaine dans la décadence !!!

Qu’en penses-tu ma fille ? »

 

Chimène, à la limite de l’évanouissement :

« Heu… Si tu le dis… »

 

Théophraste, l’air innocent :

« Au fait : c’est pas René que j’ai vu dans la bagnoire ?!? »

 

Et là, Chimène s’évanouit dans les bras de Rose-Aimée…

A suivre…

16 Commentaires à “ Nineties : « Puisqu’il fallait bien continuer… » (39ème partie/B) ” »

  1. FANETTE dit :

    Bonjour Jean-Jacques,
    Ha ces histoires d’amour !!!!!!!!!!!! Nous entrons en cette période dans des débats bien phylosophiques ma foi et je vois que cette Chimène a enfin pu être « domptée »
    J’adore ta façon de narrer les choses, alors au prochain épisode, n’est ce pas
    belle journée à toi
    J’espère que ça va mieux
    bisous à vous deux

    Dernière publication sur FANETTE : lll

    • Bonjour FANETTE,
      :) Merci pour le compliment… :)

      Pour la santé, je travaille avec « Chimiothérapix » qui a décidé de jouer les ayatollahs de la sereingue au moins jusqu’à fin décembre avec mesygues : la vache !!!
      Moi qui pensait revenir au travail pour la fin de l’année… :( Foutu !!!

      Gardons espoir, mes frères et soeurs !!!

      Bisous,

      Jean-Jacques.

  2. canelle49 dit :

    Bonjour JJ,

    mais où vas-tu chercher tous ces mots magiques, humoristiques à souhait et tellement prenant qu’on ne peut pas décrocher et lorsque la fin arrive, cela me laisse sans voix et surtout déçue de ne pas avoir à lire davantage. Décidément, tu sais nous prendre par le coeur et l’âme, tu nous offres de bien merveilleux moments de lecture.
    Merci JJ de nous offrir tous ces bons moments.
    Un grand écrivain se remarque au nombre de pages qu’il ne publie pas. »

    de Stéphane Mallarmé

    Moralité: tu es bien un grand écrivain, puisque tu ne publies pas, mais que tu nous offres ton talent ici sur ton blog !

    Gros bisous et surtout, prends bien soin de toi !

    Helene

    Dernière publication sur air du temps : Un cri d'amour !

    • Bonjour Hélène,

      Je suis en joie à la lecture de tes commentaires et particulièrement de celui-ci, car tu ne sais pas comme j’en ai « ch[biiiip] » des ronds de chapeau pour écrire cette 39ème / B, et surtout la partie la plus sentimentale !!!

      Je me suis réveillé en pleine nuit, et j’ai découvert pourquoi…

      Je ne sais pas si c’est ce qu’ils m’ont injecté hier matin (chimiothérapix m’a fait reprendre les séances jusqu’au cours du mois de décembre :( ), ou si j’ai été touché par le même Esprit Saint que celui qui a envoyé ce rayon de soleil sur les fleurs de l’autel pendant mon mariage puis a fait s’envoler les coeur en papier vers le ciel, mais mon cerveau s’est mis à fonctionner comme jamais auparavant, me proposant toute la clef de mon 5ème acte.
      Et c’est en parfaite adéquation avec les actes 3 & 4, comme si ce qui avait guidé mes doigts sur le clavier était guidé par plus haut que moi…
      Ce n’est pas la première fois que j’ai cette sensation, depuis que j’ai entrepris cette « saga »…

      Ce qui est aussi fatiguant que passionnant, c’est qu’il faut que j’aille chercher très profond en moi : c’est assez troublant, car je transpose des souvenirs que j’ai personnellement vecus, recherchant ou imaginant où est la part d’hérédité… Bouh : compliqué tout ça !!!

      Et tout ça, c’est grâce à qui ?!? ;)

      Dis-donc 8-O tu ne m’en voudras pas s’il me faut au moins une 39ème / D, voire 39ème / E ?!?

      Gros bisous de ‘l’écrivain »,

      Jean-Jacques.

  3. canelle49 dit :

    Bonjour JJ,

    comment pourrait-on t’en vouloir ? Bien sûr que je suis impatiente de te lire, mais je sais que cela prend du temps, de plus, tu dois penser à te soigner, c’est ce qui importe le plus.

    Je te souhaite un beau week-end

    Gros bisous à vous deux

    Helene

    Dernière publication sur air du temps : Un cri d'amour !

    • Bonjour Hélène,

      Merci, bon week-end à toi aussi !!! :D

      Pour les soins, je n’ai juste qu’à laisser faire et essayer de ne pas me choper une bronchite (vu le temps qu’il fait :( ), parceque la dernière n’était pas piquée des vers…

      Allez hop ! Je me remets au travail !!! ;)

      Gros bisous,

      Jean-Jacques.

  4. binicaise dit :

    Merci pour ton commentaire La Rochelle me plait beaucoup mais les fruits de mer je préfère attendre la saison plus fraiche. Je suis allée au restaurant au dessus de l’aquarium « le Cafe de l’Aquarium » une vrai bonheur à la fois pour les yeux et le palais.
    l’Ile de Ré je n’ai pas eu le temps mais je suis allée à l’Ile d’Aix .
    Bonne soirée bises Jacqueline

    Dernière publication sur Binicaise : Blog en pause pour une durée indéterminée.

    • Bonjour Jacqueline,

      Dès que je serai libéré des contraintes médicales, il n’est pas dit que je n’irai pas refaire un tour dans le secteur…
      Cela me permettrait de visiter l’Ile d’Aix que je ne connais pas, par contre.

      Bisous et bon week-end,

      Jean-Jacques.

  5. jcn54 dit :

    Je n’étais pas passé depuis un p’tit moment, le temps hélas qui manque, mais quel bonheur ce matin de te lire, et déjà ne pensant qu’à moi je me dis vivement la suite…
    Pour en revenir à ton commentaire sur l’Abbaye de Beauport, je partage tons avis, ses ruines ainsi délabrées (mais attention un délabrement entretenu afin qu’il ne s’étende pas ) n’apporte que plus de magnificence et de mystère à ce superbe site…
    J’apprends aussi en lisant les commentaires que tu as, à nouveau, des soucis de santé et j’en suis profondément peiné.
    Je te souhaite ainsi qu’à Gigi une excellente journée, et que ce vendredi 13 vous apporte tout le bonheur que vous méritez.
    Amicalement.
    JC

    Dernière publication sur Jean Claude's news : Un ange parmi les anges

    • Salut JC,

      Merci, ami !!!

      Pour la santé, mon cas n’est pas considéré comme grave, mais il faut être vigilant pour éviter que ça le devienne.
      La chimio n’est pas une partie de plaisir, mais puisqu’il faut en passer par là…
      Je ne reprendrai pas le boulot avant 2013, c’est ce qui m’embête le plus dans l’histoire !
      8-O C’est pourtant vrai qu’on est le vendredi 13 !!!
      Je suis sorti ce matin pour faire ma prise de sang pour la séance de lundi et je n’ai pris aucune tuile sur la calebasse : ;) on progresse…

      Bon week-end à toi,
      Amitiés,

      Jean-Jacques.

  6. binicaise dit :

    Merci pour la chanson d’Anne Sylvestre sur La Rochelle je ne la connaissais pas , l’Ile d’Aix est magnifique quand tu pourras.
    Bonne soirée bises Jacqueline

    Dernière publication sur Binicaise : Blog en pause pour une durée indéterminée.

    • Bonjour Jacqueline,

      La chanson date de 1965. Mes soeurs étaient fans d’Anne Sylvestre qui à l’époque avait 31 ans et moi huit…
      Déjà ! Que le temps a vite passé !!!

      Bisous,

      Jean-Jacques.

  7. Ah quand les premiers sentiments calment les ardeurs du caractère !!,n’est-ce pas Chimène !!,ou quand les désirs du corps l’emportent sur la retenue de la conscience,n’est-ce pas René,la vie n’est que duel permanent des pulsions du corps et de l’âme,loi éternelle des binômes,force et amour,enfin bref faut que jeunesse se passe et ne point la brider,elle a sa part d’erreurs qui font la force de l’expérience,ils étaient communistes,avant que cette idéologie ne soit accaparée par les fous dictatoriaux,le communisme combattait les inégalités,il a échoué,pourtant les jeunes des années vingt avaient raison de le soutenir,car aujourd’hui ne sommes-nous toujours au même point,la richesse pour seulement quelques-uns,il n’y a guère que la dureté physique du travail qui a disparu !!.
    Tes mots sonnent toujours juste Jean-Jacques,toujours la même verve,absolument beautiful !!,il ne manque que les images,
    très bonne soirée à toi,le meilleur à ta santé,à tes amours,
    salut et à bientôt.

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    • 8-) Bonjour et merci ami Loïc !!! 8-)
      Je pense que tu ne seras pas déçu par ma « 39ème/C » dont les actes 5 & 6 me permettront d’aborder la psychologie de l’être d’une part, et la sociologie de « l’entre deux guerres » de l’autre !
      Troublant et effrayant comme cette époque ressemble (humainement) comme deux gouttes à celle que nous vivons actuellement, à 90 années de distance…

      Mais « chuuuuuut !!! » ;) ne dévoilons pas plus ce que je suis en train d’écrire !!!

      Amitiés,

      Jean-Jacques.

  8. jcn54 dit :

    Bonne semaine à vous deux.
    Amicalement.
    JC

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