( 9 mars, 2011 )

Nineties : « Puisqu’il fallait bien continuer… » (17ème partie)

« Les anges déchus, les comptables et le père prodigue…« 

Chapitre 15 :

Nineties :

Tel un conte de fée, comme au cinéma…

« Excusez-moi les amoureux, permettez-vous à vieux « con de l’âge » [tiré de l’expression « les vieux qu’ont de l’âge »] de rentrer dans son humble demeure ? »

Cette voix théâtrale, c’était celle du père Lazare, un brave retraité, veuf depuis la guerre, dont on devinait que la pension était bien maigre pour vivre dans une de ces mansardes, qu’il essayait de rejoindre.

Maman :

« Ho, Monsieur Lazare, ne dites pas ça : vous êtes le plus jeune de nous tous !!! »

Monsieur Lazare, avec le sourire :

« Ne dis pas de pareilles choses, ma petite Isabelle : tu vas m’attirer le courroux de ton chevalier servant, oui, je parle bien de cette armoire à glace qui te tient dans ses bras jeunes et vigoureux !!! Tu sais, pour me connaître, que l’arthrose ne m’autorise aucun effort physique, ce qui m’interdit les duels sur le pré comme on en faisait aux temps jadis, ne serait-ce que pour avoir eu l’outrecuidance de croiser des yeux aussi charmants que les tiens… »

Mon Père lui répondit par un sourire et s’inclina respectueusement devant lui, séduit par le verbe de ce personnage dont il devinait un parcours fait de culture et de lettres, lui qui les aimait tant !

Un homme inculte et sans intelligence n’aurait jamais pu faire preuve d’autant d’esprit et d’auto-dérision.

Maman avait pris le père Lazare en affection et lui apportait souvent des parts de gâteaux ou de plats qu’elle faisait.

Elle lui tenait compagnie et l’aidait parfois pour certaines tâches ménagères, dont la cuisine.

S’il avait du linge à repriser, elle n’était pas avare de ses coups d’aiguilles, elle repassait aussi…

Isabelle et Barnabé :

Bonne soirée, Monsieur Lazare ! »

Lui :

« Merci mes petits, et à demain…

Enfin : si l’autre (il lève les yeux vers le ciel) le veut bien ! »

Alors que le père Lazare avait fermé sa porte, barnabé dit :

« L’autre ?… »

Isabelle :

« Il parlait de Dieu. Il faut dire qu’il est assez anticlérical, voire même anarchiste sur les bords. »

Barnabé :

« Anticlérical ? Demain : je le serre sur mon coeur, ce brave homme !!! »

Isabelle ramassa son livre, tandis que Barnabé de nouveau seul avec elle, baissait les yeux, comme un petit enfant qu’on aurait pris en faute.

Elle le trouvait si touchant, lui, ce grand gaillard qui tenait timidement son panier de provisions…

Les mains se rejoingirent, et Barnabé entra dans l’univers d’Isabelle, au sein de cette mansarde qui avait les mêmes dimensions et qui était pourtant si différente.

Isabelle :

« Vous pouvez lâcher mon panier, vous savez ! »

 dans Et mes souvenirs deviennent ce que les anciens en font.

Barnabé, s’étant assis sur le lit :

« Le panier ? Ha oui, pardon ! »

Il lui tend, puis il dit :

« On peut se tutoyer : ne sommes-nous pas camarades de classe ? »

Isabelle, rouge d’émotion :

« Si vous… Si tu veux ! »

 dans Saga familiale

Elle l’avait bien repéré, mais de loin, dans les classes de cours et les couloirs de la fac.

Avec le cordon de filles qui l’entourait, elle se disait qu’elle n’aurait aucune chance d’approcher un tel homme ! D’ailleurs, elle se méfiait des Don Juan, vecteurs de tant de chagrins d’amour ! Elle en avait fait son deuil, se jurant bien de ne jamais fréquenter de tels personnages.

 

Alors : que se passait-il, aujourd’hui ?!?

 

Assez intrigué, j’avais questionné Maman dans le but de visualiser ce « coup de foudre » tant décrit dans la littérature et au cinéma.

En analysant la description qu’elle m’en avait faite, j’en conclus que « West Side Story » (1961) était le film le plus proche ayant décrit ce phénomène impalpable…

http://www.youtube.com/watch?v=FXNZFe63brY&feature=fvwrel

Jusqu’à présent, mon Père avait fait pas mal de conquêtes, s’imaginant que c’était ça l’amour : une relation charnelle où il était recommandé de satisfaire quelques désirs lubriques, comme s’il s’agissait d’honorer un contrat…

Dès la rencontre avec Maman, il prit conscience que l’amour, le vrai, possédait d’autres paramètres, qu’il n’avait jamais connus depuis son premier souffle .

Il n’avait jamais rêvé d’une vie à deux, et ça changeait tout !

http://www.youtube.com/watch?v=rw7sCNtYOd0&feature=related

Maman, de son côté, faisait amoureusement un gâteau dans le but d’inviter une nouvelle fois cette homme dont elle savait qu’il était celui de sa vie…

http://www.youtube.com/watch?v=-9dQysBGyPw&feature=related

Au deuxième rendez-vous, les lèvres se joignirent, et pour la première fois de sa vie, mon Père ne précipita pas les choses.

En sortant de chez Maman, il savait que ce baiser n’était pas un adieu, mais le début d’une belle histoire…

Il était tout euphorique !

http://www.youtube.com/watch?v=D1ZYhVpdXbQ

 

A suivre…

15 Commentaires à “ Nineties : « Puisqu’il fallait bien continuer… » (17ème partie) ” »

  1. CILOU dit :

    Une armoire à glace…je frémis….moi aussi j’en veux une!! lol!!
    Lorsque j’ai vu west side story, ce n’était pas en 61 mais en 74! J’avais 17 ans! J’ai tellement pleuré que ma mère s’est énervée! Depuis, je ne l’ai pas revu! Je n’aime pas pleurer! Quelques livres m’ont aussi parfois arraché des larmes. Trop sensible Cilou, surement!
    Cette histoire que tu romances un peu, est superbe. Une fois de plus, je me laisse bercée par tes mots…et toujours je reviens…Bonne journée, je vais à Angers aujourd’hui, Cilou!

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  2. annie dit :

    bonjour jj…
    comment vas tu? moi bien… bien dormi, j’espère… au fait, je n’aie pas encore eu l’occasion de te remercier pour le lien que tu as écrit pour moi, c’est très gentil de ta part… merci beaucoups, je t’adore…
    sache que j’adore ton blog et j’adore y venir pour te lire et pour te dire un grand bonjour…

    Gros bisoux

    Annie

  3. Bonjour Cilou,

    Merci une nouvelle fois…

    Je me souviens avoir vu West side Story au ciné avec mes deux soeurs en 1966 ou 67…
    Elle avaient acheté le 33 tours un ou deux ans avant, je connaissais donc les principaux thèmes musicaux.
    En dehors de sa comédie musicale, je n’ai jamais vraiment apprécié les interprétations classiques (Bach surtout) de Léonard Bernstein en tant que chef d’orchestre : je trouvais que ça manquait de « peps » !

    Pour la rencontre de mes parents, il est vrai que j’ai « librement interprété » à partir des éléments dont je disposais.
    Le fait est que ce fut le plus beau jour de sa vie (Maman) : une oasis dans ce désert que fut sa vie affective.

    (A 15h00, je vais me faire « martyriser » une heure ou deux pour la raison que tu sais…)

    Bisous et bonne journé !!!

    Jean-Jacques.

  4. Bonjour Annie,

    Du point de vue sommeil, ça fonctionne bien, merci !!!
    Pour le lien, je « personnalise » toujours : ce n’est que le reflet de ma pensée profonde…

    Merci pour toutes ces paroles gentilles, je suis très content aussi de te connaître !!!

    Gros bisous et que la journée te soit douce !

    Jean-Jacques.

  5. Bizarrement quand l’amour se présente,le sexe n’est jamais prioritaire,telle une puissante énergie qui mérite maîtrise totale de notre âme !!
    bien à toi Jean-Jacques.

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  6. CILOU dit :

    AUjourd’hui, je reviens te parler de peau d’âne! Un film culte pour moi qui voulais me marier avec la robe couleur de lune…je ne sais plus combien de fois je l’ai vu! je le regarderai surement encore…je suis incorrigible! En fait j’avoue être une grande romantique! Mais je pense qu’il n’y a aucun mal à cela!
    Je te souhaite une très belle soirée, je t’embrasse, CIlou

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  7. annie dit :

    bonjour jj…
    un grand bonjour venant de moi…

    gros bisoux, bonne journee

    annie

  8. Salut Chasseur d’images,

    On ne peut pas mieux dire !!!

    Amitiés,

    Jean-Jacques.

  9. Bonjour Cilou,

    Il n’y a aucun mal à être romantique : bien au contraire !!!

    Je ne me lasse pas de regarder Peau d’Âne, film totalement en avance sur son temps.
    Je pense que Jacques Demy a été largement inspiré par Cocteau pour la réalisation des décors et de la mise en scène…

    Bisous,

    Jean-Jacques.

  10. Coucou Annie,

    Bonne journée à toi aussi !!!

    Bisous,

    Jean-Jacques.

  11. CILOU dit :

    Quand tu cites Cocteau, tu penses à la belle et la bête? EN noir et blanc mais déjà très inventif! Dans Peau d’âne j’aime terriblement la marraine…qui aime en secret…elle a toujours été mon personnage préféré. Elle est gracieuse, souriante, douce..et sa voix…voilà, il y a des personnages comme cela qui vous marquent!
    Bonne soirée, CIlou

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  12. Ô Cilou : tu as tout compris !!!

    Oui, je pensais à Jean Cocteau et à « La belle et la bête », mais aussi à « Orphée » et au « Testament d’Orphée »…

    La marraine, c’est l’envoutante Delphine Seyrig, une comédienne faite femme, qui incarne pour moi la femme, avec tout ce que cela comporte de fragilité de force et de féérie !!!

    Je me demande si je ne vais pas faire un « hors série » avant d’envoyer la 18ème partie des 9ties demain…

    Je t’embrasse,

    Jean-Jacques.

  13. CILOU dit :

    ouf, j’ai tout compris…..j’attends sagement le hors série! CIlou bisou

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  14. jcn54 dit :

    De superbes souvenirs que tu évoques si bien mon cher Jiji.
    Merci pour ce partage.
    Bonne journée.
    Amicalement.
    JC

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  15. Salut et merci JC,

    Je vais bientôt aborder une année qui doit t’évoquer quelquechose : « 1948″…

    Amitiés,

    Jean-Jacques.

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