( 6 mars, 2011 )

Nineties « Puisqu’il fallait bien continuer… » (16ème partie)

« Les anges déchus, les comptables et le père prodigue…« 

Chapitre 14 :

Nineties

1947 : Mon père, ce héros au regard si doux dans le Paris de ce temps-là…

Barnabé avait séjourné une nuit au Havre, cette ville toujours en reconstruction, avec quelques copains qu’il avait connu dans le bateau. Les « autochtones métropolitains » étaient un peu déroutés par la convivialité de ces jeunes hommes de couleur au rire si communicatif.

 dans Et mes souvenirs deviennent ce que les anciens en font.

Certains médisaient, marmonant quelques propos acides dans leur barbe, osant à peine les regarder.

Le terme vil et dégradant de « nègres », pour qualifier ce que beaucoup considéraient au sortir de la guerre comme une sous catégorie de français, car issus des colonies : ils ne l’avaient peut-être pas utilisé… Mais si ce n’était pas dans la lettre, c’était dans l’esprit.

Enfin, quand on parle d’esprit, chez ces « surnuméraires »…

http://www.dailymotion.com/video/x28x5i_fernand-reynaud-le-raciste-1972-fr_fun

Pourtant, l’île était devenue « département français d’Outre-Mer » depuis le 19 mars 1946 !

Mais combien de temps avant que les mentalités ne changent, à supposer qu’elle ne change un jour. Barnabé avait souffert du racisme dès son plus jeune âge au sein de la cellule familiale, car sa Maman considérait que ce frère né juste après lui était le plus beau, sous prétexte que sa peau était plus claire !!!

Pourtant (et je dis ça sans parti pris ;) !) de tous les enfants, c’était bien Barnabé le plus beau…

Bon : d’accord ! Un de ses demi-frères « Edouard » était aussi beau que lui.

On aura l’occasion d’en reparler plus tard…

Arrivé à Paris, il eut l’agréable surprise de constater que les femmes, qu’il pratiquait avec une assiduité, une application sans égale, ne se souciaient guère de la couleur de sa peau.

http://www.youtube.com/watch?v=lPVc5feQPpc

A la rigueur, elle était plutôt un laissez-passer qui permettait de satisfaire leurs désirs de volupté !

Ajoutez à cela une voix de velours, une âme de poète, un sens inné de l’improvisation et de la rime, une carrure d’athlète… Et en plus : il était intelligent et savait jouer un peu de guitare !!!

Je comprends qu’il ait pu en agacer quelques-uns dans son périmètre.

Cependant, cela ne l’empêchait pas d’être très brillant dans ses études, à la grande satisfaction de ses professeurs.

 

Je suppose que pour les cours d’anatomie, lors des révisions, il joignait l’utile à l’agréable dans de sompteuses récréations charnelles !

La chanson qui suit est de 1967, mais la chanteuse, elle, faisait déjà les beaux jours de St Germain des Prés en 47…

http://www.youtube.com/watch?v=XyqIs8xPCd0

Barnabé avait loué une petite mansarde, comme beaucoup d’étudiants de l’époque.

Tout le confort était sur le palier : toilette, douche…

Au même étage, une jeune femme de son âge marchait dans le couloir, absorbée, presque hypnotisée, par un livre qu’elle tenait à la main en le lisant, tenant ses provisions de l’autre main.

Elle s’apprétait à rentrer dans sa propre mansarde.

Elle allait à l’inverse de la direction de Barnabé qui, lui, sortait pour profiter de ce Paris où les artistes, confirmés ou en herbes, foisonnaient, pour son plus grand bonheur et celui d’une génération qui promettait !

Il avait cru reconnaître la silouette d’une des innombrables étudiantes de sa classe, et ouvrit les bras tout sourire, sachant qu’il n’aurait pas le temps de lui dire « attention ! », lorsqu’elle le heurta de plein fouet…

Avec cet esprit chevaleresque qui ne devait jamais le quitter, Barnabé rattrapa le panier de course de la main droite et de la main gauche, il empêcha la jeune femme de tomber, la serrant contre son torse.

Alors que le livre avait atteint le sol, avant même qu’elle n’eût le temps de s’excuser, son doux regard d’un bleu intense croisa celui de Barnabé, dont les yeux marrons foncés et mystérieux avaient séduit tant de femmes !

La différence aujourd’hui, c’est que les deux regards étaient aimantés , que les deux corps étaient aimantés, que leur âme à ce moment précis, sans que l’on puisse expliquer le phénomène d’une manière scientifique et rationnelle, avait fusionnée !!!

Maman, car c’était elle, et Papa, car c’était lui, venaient d’être foudroyés par Cupidon…

Le livre à terre avait pour titre :

« Le Petit Prince », de Saint Exupéry,

un livre pour enfants pleins de leçons d’humanité !

http://www.youtube.com/watch?v=RhVRAPlf0Kw

 

A suivre…

10 Commentaires à “ Nineties « Puisqu’il fallait bien continuer… » (16ème partie) ” »

  1. CILOU dit :

    Extra! Finir par le petit prince! Quel brio!
    On ne voit bien qu’avec le coeur, l’important est invisible pour les yeux…
    On risque de pleurer un peu si l’on s’est laissé apprivoiser…
    C’est tellement mystérieux, le pays des larmes…
    Le livre de chevet de bien des gens je pense…
    Une rencontre est toujours merveilleuse, tu décris celle de tes parents de façon sublime! Je me suis laissée emportée! Merci, Bonne soirée, Cécile

    Dernière publication sur Plius : DU bleu dans ma tête et du rose sur mon coeur

  2. canelle49 dit :

    Bonsoir JJ,
    AH! le coup de foudre que c’est beau tout de même et tu le conte si bien comme toujours d’ailleurs que j’ai hâte de lire la suite !

    Bisous, Helene

    Dernière publication sur air du temps : Un cri d'amour !

  3. annie dit :

    bonjour JJ

    je te remercie pour laurent Voulzy, j’adore ce chanteur c’est un très joli cadeau que tu m’a fais là…
    J’adore ce que tu écris… Je ne regrette en rien de t’avoir connu à travers ton blog…

    Merci encore de noue faire découvrir ton monde…

    Gros bisoux JJ, je t’adore très sincèrement…

    Annie

  4. Bonjour Cilou,

    Merci et merci encore !!!

    En fait, pour décrire cette rencontre, ce coup de foudre, je crois que j’ai été très influencé par tes textes…

    Bisous,

    Jean-Jacques.

  5. Bonjour Hélène,

    Merci pour ton enthousiasme : j’ai l’impression qu’il m’inspire de plus en plus !!!

    J’ai souvent questionné Maman concernant son coup de foudre, pour essayer de le visualiser.
    Il semblerait que West Side Story (le film de 1961) en ait fait une représentation la plus proche de la réalité, dans la séquence culte de la rencontre entre Tony et Maria…

    http://www.youtube.com/watch?v=FXNZFe63brY&feature=fvwrel

    Heu, tu le répètes à personne : je viens de te livrer en avant première une des illustrations musicales de mon prochain article ;)
    Ca parlera d’amour :P

    Mais : chuuuut !!!

    Bisous,

    Jean-Jacques.

  6. Bonjour Annie,

    Comme c’est gentil…
    Je suis profondément touché par ce témoignage d’amitié : ça réchauffe le coeur !!!

    J’aime également beaucoup ce que tu fais avec émotion et sincérité, dans ton blog que j’ai plaisir à parcourir !

    Bisous,

    Jean-Jacques.

  7. Fruit d’un véritable coup de foudre,tu ne peux être que disciple de l’amour !!
    salut à toi et à bientôt Jean-Jacques,
    Loïc alias chasseur d’images.

    Dernière publication sur Chasseur d'Images Spirituelles : Que demeure notre liberté

  8. jijimagiccinqsept dit :

    Salut Loïc, Chasseur d’images,

    J’ai toujours préféré l’amour à la guerre, hélas : on ne fait pas toujours ce que l’on veut !

    Mais j’y travaille…

    Amitiés,

    Jean-Jacques.

  9. annie dit :

    coucou jj

    c’est la journée de la femme, c’est bien, ta journéé c’est bientôt, c’est la fin de l’année… hihihi
    Il faut bien te taquiner, sinon tu vas t’ennuyer…

    Gros bisoux jj

    Annie

  10. Bonjour Annie,

    ;) Espèce de coquine, va !!! :P

    Je t’embrasse,

    Jean-Jacques.

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