( 6 février, 2011 )

Nineties : puisqu’il fallait bien continuer… (2ème partie)

« La déchirure…« 

Nineties : puisqu'il fallait bien continuer... (2ème partie) dans Chronique du temps qui passe...

http://www.youtube.com/watch?v=omM5oMSXF0E&feature=related

 dans Et mes souvenirs deviennent ce que les anciens en font.

29 mars 1990 : 04h30

Je venais de décrocher le téléphone, c’était la directrice de la clinique où Maman avait été admise quinze jours plus tôt suite à son accident vasculaire cérébral qui lui avait paralysé tout le coté droit…

« Monsieur, j’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer :

votre Maman vient de décéder d’une embolie pulmonaire… »

 dans Saga familiale

http://www.youtube.com/watch?v=k1-TrAvp_xs&feature=related

Elle avait fini par tomber, celle qui me poursuivait depuis le premier jour de ma naissance, celle qui était bien campée au dessus de ma tête : cette putain d’épée de Damoclès !!!

Maman était née cardiaque et j’avais passé mon enfance à la voir évoluer d’hôpitaux en hôpitaux où elle dut subir deux opérations à coeur ouvert…

Malgré cela, elle avait toujours assuré son métier et sa vie de famille, entre deux séjours, entre deux crises.

Jésus, toute proportion gardée, avait sa croix pour vivre son martyr.

Moi, pauvre de moi, j’avais cette épée pour vivre le mien…

Chacun son accessoire.

Trente-trois ans, âge que nous avions en commun, était-il maudit ?!?

En tous cas, c’était celui où je me sentis « orphelin », comme dans cette chanson postume du Grand Georges.

http://www.youtube.com/watch?v=jCxT2dfRC8g&feature=related

Maman avait quitté son enveloppe corporelle dont je caressais le front avant de l’embrasser. Quelque chose avait quitté mon corps au même instant, j’étais comme un néon éteint…

Où était-elle, cette âme qui animait le corps de Maman ?

Nos énergies étaient-elles reliées ?

La mort avait-elle coupé le cordon par où elles passaient ?

Ce fichu  cordon ombilical si cher à ceux que je détestais : les psychologues !!!

Enfin : ils pouvaient être satisfaits, puisqu’il était détruit par la force des choses…

On voyait sur le visage de Maman qu’elle était partie dans la souffrance.

Révolté, je levai les yeux vers le Christ qui était au dessus du lit, et m’adressai à lui, tel Don Qichotte s’attaquant aux moulins à vents :

« Ça aurait fait chier ton père de laisser Maman partir sans la torturer ?!?

Tu ne crois pas qu’elle en avait assez bavé déjà comme ça, Non ?!? »

Une infirmière entra dans la chambre :

« Vous avez appelé, Monsieur ? »

Moi :

« Oui, mais pas qui vous pensez… »

Elle :

« Pardon ?!? »

Moi :

« Excusez-moi… Je reviendrai vers dix heures pour régler les détails administratifs. »

Et je laissai l’enveloppe corporelle de Maman dans cette chambre devenue sans âme et regagnai tel un robot mon véhicule alors qu’il ne faisait pas encore jour.

Je savais que ce serait forcément une sale journée qui m’attendait, la première de ce parcours du combattant que serait le reste ma vie sans elle !

Dès lors, ma propre vie ne m’intéressait plus…

 

A suivre…

10 Commentaires à “ Nineties : puisqu’il fallait bien continuer… (2ème partie) ” »

  1. bayelef dit :

    Perdre sa mère est une des grandes douleurs que la vie nous réserve. Nous sommes éternellement reliés à elle par un cordon invisible et même si la vie continue et si nous devenons parents, quelque chose part avec elle, lors de son décès. Cela est vrai , même la discorde existe entre elle et l’enfant.J ‘ai connu aussi cette douleur, il y a 20 ans.
    Bises

    Dernière publication sur l'esprit des anges 2 : L' Amour est le lien que Dieu nous tend..........

  2. La disparition des parents,je n’ai encore connu cette douleur,tant de choses doivent s’effacer alors,ou réapparaitrent dans notre mémoire j’imagine!!,qu’on le veuille ou non on leur doit l’amour premier.
    Bonne soirée Jean-Jacques.

    Dernière publication sur Chasseur d'Images Spirituelles : Ce que comprend l'animal

  3. Cilou dit :

    Voilà, comme je te le disais hier, j’ai encore mes parents et je n’imagine pas leur disparation possible! Ils sont merveilleux et cela fait 44 ans que je le crie haut et fort! Je comprends ce que tu ressens quand tu écris ce passage de ta vie car j’ai aussi perdu des gens que j’aimais! Dans ces moments là, on crie à l’injustice, on en veut à la terre entière et on pense que personne ne peut alors comprendre ce que nous traversons…Mais, le temps, encore lui, nous aide à traverser ces grands moments de chagrin et de solitude! Vite, redonne nous un peu de joie…Cilou qui a le moral en berne ce jour!Cela arrive quand nos proches ne vont pas bien!

  4. Bonjour Bayelef,

    Nous avons donc connu cette épreuve à la même période.
    « La peine ne diminue jamais, on apprend à vivre avec ! » : c’est un ancien légionnaire qui m’avait dit ça à l’époque.
    Je ne croyais pas qu’un être au parcours si rude pouvait sortir une pensée si profonde avec autant de délicatesse…

    Bisous,

    Jean-Jacques.

  5. Merci Chasseur d’images,

    Et longue vie à tes parents et proches !!!

    Amitiés,

    Jean-Jacques.

  6. Bonjour Cilou,

    [je t'ai fait un mail]

    On va remédier à tout ça…

    Bisous,

    Jean-Jacques.

  7. canelle49 dit :

    Bonjour JJ, j’ai eu 2 épisodes aujourd’hui et pas réussis à retenir mes larmes, une maman on n’en a qu’une, un papa aussi et comme peut venir le désespoir quand on ne peut plus rien pour les retenir, mais la vie continue comme le dit la phrase toute faite, oui on le sait que la vie continue et après,oui on sait que la vie continue, mais comment ? Chacun réagit différement, Ce qui est vrai pourtant, c’est que l’on nait pour mourir, seul chose dans la vie dont on soit sûr !

    Puis ne plus penser comme certain le dise et bien il faudrait avoir la recette pour fermer son esprit et ces gens-là ne l’ont jamais la recette, donc penser c’est être vivant et faire face à nos chagrins, faire face à nos problèmes, voilà peut-être la recette relever la tête se faire violence et reprendre son chemin tant bien que mal, mais en gardant l’espoir toujours que demain sera plus merveilleux!

    Bisous JJ, tu fais ce que personne au monde ne peut faire pour toi, tu poses tes chagrins sur un parchemin pour les laisser faire leur petit chemin et t’apporter cette sérénité à laquelle on aspire tous un jour.
    Helene

    Dernière publication sur air du temps : Un cri d'amour !

  8. Merci Canelle,

    Avant de reprendre la suite de mon passé, je fais une pause aujourd’hui, pour qu’on se détende un peu avec un sujet plus léger « hors série »…

    Demain, la suite qui ne sera pas d’une folle gaieté mais qui sera moins triste !

    Bisous,

    Jean-Jacques.

  9. saadou dit :

    je suis entrée par hasard
    émue, je n’ai pas de mots…

  10. Bonjour Saadou,

    Merci et bienvenue sur le blog !

    Amitiés,

    Jean-Jacques.

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