( 30 janvier, 2011 )

Eigthies : du flash-back comme s’il en pleuvait… (6ème partie)

« Elle est épatante, cette petite femme-là…« 

                    Ou :

« Echanger un regard n’est pas tromper !« 

http://www.youtube.com/watch?v=IREvB7j_hsc

« Centre des Moines » : 1987.

Nous étions lundi matin et je me rendais à mon travail, au « Centre des Moines » [on l'appelera comme ça], un établissement de rééducation et de réadaptation créé en 1982.

Nous étions lundi et j’entamais ce début de semaine, à six heures du matin, dans la joie et la bonne humeur…

« Tu sais mon vieux : tu feras sûrement la plonge et tu auras un balai à la main. »

Ainsi parlais Mr Balthazar trois ans plus tôt, un collègue et ami de Maman, qui m’avait organisé un rendez-vous avec le directeur du centre, qui était également un de ses amis.

Moi :

« Aucun souci, du moment que je trouve un travail ! »

C’est ainsi qu’après l’entretien de 1984, je fis des remplacements de plus en plus nombreux avant d’être titularisé comme agent de collectivité en 1987.

Bureau de la surveillante générale, avril 1984.

Elle :

« Je vais vous intégrer dans une équipe de gériatrie. Je pense qu’il faudra éviter de dire que vous êtes fils de médecin et que vous avez fait les Beaux-Arts. Vous risqueriez d’être impopulaire, particulièrement auprès de vos collègues agents de collectivité… »

Moi :

« Aucun problème, Madame, mais je tiens à préciser que le statut de mes parents n’est pas le mien, et n’ayant jamais réussi à obtenir le moindre examen, je ne vois pas pourquoi je devrais me sentir supérieur aux autres. »

Elle :

« Vous n’avez pas d’examens, mais on voit tout de suite vous avez une certaine culture… »

Moi, presque rouge, impressionné par son regard :

« Vous me flattez, Madame ! »

Eigthies : du flash-back comme s'il en pleuvait... (6ème partie) dans Chronique du temps qui passe...

http://www.youtube.com/watch?v=VFfgK1gdZ2o

Elle avait pris l’ascendant sur moi, non par son statut de dirigeante, mais par le charme qu’elle dégageait.

Ha ! les femmes de 40 ans, ça me poursuivait…

Avant de terminer l’entretien, elle dit :

« Vous savez que le personnel est à majorité féminin : ça ne va pas vous poser problème ? »

Moi, essayant de me re-concentrer :

« Vous pouvez être rassurée : je n’ai été élevé que par des femmes, alors… »

Elle, un brin nostalgique :

« Vos parents sont divorcés ? »

Je lui répondai par l’affirmative.

Elle me présenta à l’équipe, qui semblait la craindre.

Il est vrai qu’avec le temps, je constatai qu’elle avait un foutu carractère !

Mais quel charme…

Une collègue :

« Son divorce ne l’a pas rendu plus aimable, c’est le moins qu’on puisse dire !!! »

Bon sang : mais c’est bien sûr… Voilà pourquoi elle avait posé la question concernant mes parents !

Même à l’amiable, un divorce se passe rarement comme dans la chanson de

 dans Et mes souvenirs deviennent ce que les anciens en font.

Gérard Lenormand :

http://www.youtube.com/watch?v=5gYw7VHx4Ok

Le plus grave, c’est quand la haine dépasse la nostalgie, jusqu’à engendrer tant de choses sordides… Si sordides …

1987 fut la plus belle année de ma vie, car on me remis mon C.D.I. : contrat à durée indéterminée : « yes » !!!

De plus, c’était l’année où j’allais avoir trente ans, un certain Yves me laissait entrevoir des jours heureux :

 dans Saga familiale

« Qu’est-ce que c’est bien d’avoir trente ans
On se moque de l’air du temps
On est encore dans la jeunesse

A cheval sur les souvenirs
On a le temps de voir venir
La vieillesse

On parle beaucoup des tourments
Des problèmes avec les enfants
Des querelles et des jours de peines

Mais quand parfois on est content
Qu’est-ce que c’est bien d’avoir trente ans
Quand on aime

On croit toujours que les tourments
Font cortège avec les printemps
Qui se posent sur nos épaules

Mais la légende a fait son temps
Moi je suis plus heureux qu’avant
Comme c’est drôle

Qu’est-ce que c’est bien d’avoir trente ans
Quand je repense à tout ce temps
Je me souviens de ma détresse

De mes premiers chagrins d’amour
Des années tendres au coeur si lourd
De tristesse

J’aurais donné toute ma vie
Pour être plus vite aujourd’hui
Pour échapper à mon silence

J’ai gravi les marches du temps
Qu’est-ce que c’est bien d’avoir trente ans
Quand j’y pense

On croit toujours que tout s’éteint
Que le temps défait les chemins
Que les rues sont toujours les mêmes

Mais la légende a fait long feu
Moi mon chemin c’est un ciel bleu
Et je t’aime

Si je t’écris ces mots d’amour
C’est pour te dire que si un jour
Je t’ai fait pleurer, ma tendresse

C’était les derniers soubresauts
De mes peurs et de mes sanglots
De jeunesse

Et puis pour dire à ton petit
Dont les yeux se sont assombris
Que j’ai pleuré pour des nuages
Que j’ai passé par son chemin
Avec ma tête entre mes mains
A son âge
Je t’ai attendue bien longtemps
Mais pour t’aimer plus tendrement
Je n’ai plus rien qui me retienne

Je n’ai plus mal à mon passé
le présent a tout effacé
De mes peines

Mais j’ai toujours mon coeur d’enfant
Et pour s’aimer tout simplement
Qu’est-ce que c’est bien d’avoir trente ans »

(Yves Duteil)

Ainsi, j’avais enfin l’assurance d’avoir un salaire qui tombait tous les mois : ça change une vie, pariculièrement quand on a une « relative » sécurité de l’emploi.

Je n’avais donc aucune raison de faire la gueule en arrivant le matin au boulot, où je retrouvais les patients de ce service de rééducation d’où le CDI s’était libéré.

La surveillante générale avait quitté le centre pour s’installer dans une autre ville avec son nouveau compagnon.

Les filles m’avaient décoché quelques petites phrases du style :

« Elle va te manquer, ta fillancée ! »

Moi :

« Hein ?!? Vous parlez de quoi ?… »

Une collègue :

« Hum, tu sais bien ! »

Moi :

« Rien du tout ! Enfin, franchement, soyons lucides : vous imaginez qu’une cadre supérieure peut se permettre d’avoir une aventure avec un « ramasse-bourrier » (terme qu’avait utilisé une patiente démente à mon égard et qui m’avais fait beaucoup rire) ?!? »

Comme elle voyaient que la conversation commençait à me les briser menu, comme disait Audiard, elles continuèrent :

« Une femme qui divorce en manque d’affection : tout est possible ! »

Moi :

« Bon, les Ménie Grégoire du dimanche, là : j’ai assez d’emmerdements comme ça et je ne suis l’homme que d’une seule femme !!!

Il me semble que nous avons du travail, non ?!? »

Pendant qu’elles s’éloignaient en riant et que je levais les yeux au ciel, une patiente passait en boucle un tube qui cartonnait depuis 1986 :

Celui de la belle Julie…

http://www.youtube.com/watch?v=9E5txW7zzQ0

Et pendant ce temps-là Marianne avait pris une journée, soit-disant incapable  de travailler car trop déprimée…

Elle avait téléphoné dans le service pour me prévenir, ce qui indisposait ma nouvelle surveillante autoritaire.

Un jour, elle m’avait dit :

« Vous ne rentrez-pas chez-vous, Jean-Jacques ? Vous avez pourtant terminé depuis un moment ! »

Moi :

« Ha oui ! Bon : je vais rentrer… »

C’est à ce moment, qu’elle comprit qu’il y avait un malaise dans ma vie affective.

 

A suivre…

12 Commentaires à “ Eigthies : du flash-back comme s’il en pleuvait… (6ème partie) ” »

  1. canelle49 dit :

    Bonjour JJ,

    Une très belle idée que de nous conter tout ceci en musique, j’aime ta façon d’écrire avec pudeur, humour, tendresse, ce mélange te vas bien !

    Bisous, Helene

    Dernière publication sur air du temps : Un cri d'amour !

  2. Bonjour Canelle,

    Je vais rougir devant tant de compliments…
    L’avantage du clavier, c’est qu’on peut le camoufler ;) !

    Bisous,

    Jean-Jacques.

  3. CILOU dit :

    Je viens de lire ton com et je suis soulagée! Si cela te plait alors je suis ravie! La prochaine fois, ce sera un texte et non un poème! J’avance dans l’histoire de ta vie que tu contes à merveille! Je suis d’accord avec Hélène, il y a beaucoup de sensibilité chez cet homme là! Mais je crois aussi, un sacré caractère! J’aime cette façon de raconter tes rencontres avec les femmes! Tu as sur elle un certain regard, souvent critique d’ailleurs! Je pense que tu ne crois pas trop à la possibilité d’une l’amitié entre un homme et une femme. Tu évoques souvent le charme…Je vais creuser pour mon prochain texte lol!!!
    Très bonne journée à toi, CIlou

  4. Bonsoir Cilou,

    « Amitié homme-femme » : j’y crois plus que tu ne crois, mais il faudra attendre les « nineties » pour que j’aborde le sujet.

    Dans mon parcours, ce fut plus les femmes qui partagèrent un moment de ma vie qui, elle, n’y ont hélas jamais cru, contrairement à ton serviteur…

    Mais « chuuuuuuut ! », ne dévoilons pas la suite trop tôt !!!

    Bisous,

    Jean-Jacques.

  5. jcn54 dit :

    Ah Jiji
    Je ne te connais que depuis très peu de temps mais je suis fier de faire partie des lecteurs de ton blog!
    C’est un réel plaisir que te lire et te découvrir au fur et à mesure de tes allées et venues dans les années passées de nos ches Yeyes.
    Bonne journée JJ.
    Amicalement.
    JC

    Dernière publication sur Jean Claude's news : Un ange parmi les anges

  6. Salut JC,

    Je suis très touché par ton commentaire !

    Sache que la fierté est partagé…

    Amitiés,

    Jean-Jacques.

  7. jcn54 dit :

    Alors JJ et ces crêpes? Elles t’on plu?
    Bonne journée à toi.
    JC

    Dernière publication sur Jean Claude's news : Un ange parmi les anges

  8. Salut JC,

    Si ça m’a plus ?

    Je veux, oui !!!

    Par contre, il faut que je change de crépière, parcequ’au moment du retournement, j’ai eu quelques difficultés.
    Heureusement, avec la spatule, j’ai réussi à rétablir la situation, parceque je ne crois pas que la crèpe « brouillée » soit encore homologuée…

    ;) Les oeufs, oui, mais la crèpe, non !

    Amitiés,

    Jean-Jacques.

  9. Cilou dit :

    Coucou,
    Voilà, je prends maintenant le temps de t’écrire un comm en rapport avec ton texte. Que l’on puisse se détacher de quelqu’un parce que l’on est déçu…parce que la vie à deux finalement ne se révèle pas être le »nirvana » auquel on croyait..quoi de plus banal en sorte! Le quotidien, les évènements extérieurs sont bien souvent responsables! Mais il y a les enfants! ON voudrait tellement les préserver! Parfois, la situation pèse trop lourd sur ses frêles épaules et on décide de mettre un terme à tout cela! Marianne déprimait! Et, tu es l’homme d’une seule femme! La situation me parait dès lors compliquée pour accéder au bonheur…surtout quand on en connait le dénouement!
    J’aime ta façon de dire les choses. Sans fioritures! Parfois un peu brutal mais sincère!Tout en ajoutant un peu de légèreté grâce au choix des différentes chansons…
    Deviendrai-je une fan? lol!!!
    Je te souhaite une excellente soirée,
    Au plaisir de te lire,
    CIlou

  10. jcn54 dit :

    Bonjour Jiji
    Merci de ton passage et commentaire!
    Bonne journée, amicalement.
    JC

    Dernière publication sur Jean Claude's news : Un ange parmi les anges

  11. Bonjour Cilou,

    Merci et merci encore !!!

    Il est vrai que quand on sait comment ça c’est terminé avec Marianne, il m’est difficile de rester « léger », parfois…

    Mais chuuuut !!! ;)
    Ne dévoilons pas tout !

    Bisous,

    Jean-Jacques.

  12. Salut JC,

    C’est toujours un plaisir, pour ne pas dire une récréation, que de lire tous tes articles.

    Bonne journée,
    amitiés,

    Jean-Jacques.

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