( 28 janvier, 2011 )

Eighties : du fash-back comme s’il en pleuvait… (4ème partie)

« Malédictions »

Eighties : du fash-back comme s'il en pleuvait... (4ème partie) dans Chronique du temps qui passe...

La maison de « Belle-Maman » m’avait tout de suite fait mauvaise impression : mon instinct me disait qu’il régnait quelquechose de maléfique dans cette demeure, où vivait également sa propre mère : un être tyranique…

Toutes les deux étaient veuves, ça ne présageait rien de bon !

Alors que j’appréhendais ce premier contact « officiel » chez « les mamies », l’album de Michael Jackson « Thriller » cartonnait depuis presque deux ans en tête des hits parade.

http://www.youtube.com/watch?v=ZEHsIcsjtdI&feature=related

 dans Et mes souvenirs deviennent ce que les anciens en font.

Sincèrement, je préférais écouter  »Billie Jean » et le voir danser dans ce clip d’anthologie.

http://www.youtube.com/watch?v=TIbr2uPcqZE

Mais nous étions bien sur le seuil de cette maison dont la facade était classée « monument historique » où Mamie Paulette et Mamie Berthe nous attendaient.

Ni l’une ni l’autre n’avaient l’instinct maternel, et lorsque les enfants commencèrent à courir autour de ma voiture,

 dans Saga familiale

Belle-Maman fit entendre sa douce voix pour les engueuler.

Bien sûr, Marianne rentra dans le lard de sa mère, et pendant que les deux échangeaient quelques paroles aimables (que je n’ose même pas vous répéter, M’sieur le commissaire !),

Je fis la bise à Grand-Maman, qui regardait cette scène, consternée, en lui disant avec un air faux-cul (il paraît que je le fais très bien, mais c’est un rôle de composition !) :

« Enchanté, moi, c’est Jean-Jacques ! Je suppose que vous êtes la Mamie Berthe… »

Elle acquiesça et me fit un petit sourire.

Puis, faisant la bise à Belle-Maman :

« Et oui, à cet âge-là, faut qu’ça bouge…

Bon, c’est pas le tout : on cause, mais on se déshydratre, hein ?

Et puis vous, les gars, vous pouvez faire un break cinq minutes ?!? »

J’avais aussi fait sourire la mère, on avait progressé !

Et ce fut le rituel de l’apéritif où chacun parlait de tout et de rien…

Avec le temps, j’appris ce qui c’était passé dans cette maison, qui fut le début de tous leurs emmerdements.

On me fit visiter toutes les pièces sauf une dans le grenier.

Au dessus de la porte fermée aux planches usées, il y avait un petit jour et je ne tardai pas à deviner…

Sur une poutre de soutien, il y avait une veste en daim posée dessus.

C’était donc ça, le véritable motif du décès du frère de Marianne, l’année précédant mon entrée dans cette famille : un suicide par pendaison !!!

Il avait deux ans de moins que sa soeur, qui ne s’en remettait pas…

Sept ans plus tôt, en 1976, j’avais perdu une soeur, mais, elle, avait choisi les médicamments pour mettre fin à ses démons.

Le plus terrible fut le regard de Maman caressant le front sans vie de sa fille, « sa chair », qui était sans vie sur cette table sans âme du centre anti-poison…

J’étais donc à même de comprendre la détresse de Marianne, qui observait parfois le téléphone en pleurant. Il ne s’agissait pas d’une rupture amoureuse, comme dans cette chanson qui me foutait le bourdon chaque fois qu’elle passait sur la FM, mais le vide dans le coeur était le même !

http://www.youtube.com/watch?v=3TZ4QuE1Kqg

Le père de Marianne avait trente ans de plus que sa mère, il était donc logique qu’il parte pratiquement en même temps que son beau-père dont il avait le même âge, au tout début des années 80.

C’est lui qui avait fait l’acquisition de cette demeure, mais il avait dû demander à « belle-maman Berthe » de lui servir de prête-nom, car il était déjà marié et ne pouvait divorcer, car sa femme officielle était handicapée.

Celle-ci, en toute logique ne lui fit aucun cadeau, ce qui fut à l’origine de la faillite de son commerce. C’est ainsi que Belle-Maman repris son travail de comptable, tandis que son homme, de plus en plus vieillissant, sombrait dans l’alcool et la maladie.

Marianne subit des maltraitances, victime d’une mère qui reproduisait le schéma qu’elle avait elle-même vécu.

Pour arrondir les fins de mois laborieuses, ils louaient des chambres disponibles dans cette grande maison.

C’est ainsi que Marianne fit la connaissance d’un jeune garçon qui jouait de la guitare.

La suite ? Classique !!!

N’en pouvant plus d’être marthyrisée, elle se fit faire un enfant de ce personnage pour fuir avec lui…

A l’époque, la majorité était à 21 ans, elle était donc une mineur qui avait fugué, aux yeux de la loi.

Après quelques démarches administratives assez compliquées, guidée par des assistantes sociales, elle finit par se marier avec ce type, père biologique de Tanguy en 1973.

Elle remit le couvert avec la naissance Kévin en 1978, alors que le couple allait de moins en moins !!!

Il fallut du temps avant que la mère, la fille et le père ne se revoient. Et même après, ce ne fut jamais l’amour fou, d’où ces dimanches en famille que je ne souhaite pas à mon pire ennemi.

Il y avait un vide dans cette famille, du fait du suicide du fils, je comblais donc ce vide mais restait psychologiquement lucide : « elles ont eu la peau des hommes, elles n’auront pas la mienne !!! »

A suivre…

10 Commentaires à “ Eighties : du fash-back comme s’il en pleuvait… (4ème partie) ” »

  1. Cilou dit :

    Très cher,
    ok, triste tranche de vie mais qui malheureusement a des petites soeurs!J’ai eu un ami d’enfance qui vivait dans un contexte familial équivalent, mais c’est lui qui a disparu! Je n’avais pas pensé à José depuis mes vingt ans…oups, moral plombé pour ce soir! On l’appelait Jiji car son nom de famille commençait par un J! Nous étions voisins!
    Quant à la belle famille! J’ai quelques personnages en tête également! Tu vois, tout n’est jamais tout blanc ou tout noir! Il n’y a que dans les films que l’on retrouve des situations manichéennes!Dans la réalité on oscille aussi entre le gris clair et le gris foncé! Et parfois, tout est rose…cela fait du bien…une embellie là au bout du chemin…
    Merci pour cette tranche de vie…j’avance dans le temps…je reconnais toujours la musique! « La vie sans toi » nous mettait le bourdon!
    quant à l’histoire qui se répète : enfant battu, quand tu seras adulte tu feras de même…je ne crois pas que ce soit systématique.Il y a un terme pour cela : la résilience. (La résilience est un phénomène psychologique qui consiste, pour un individu affecté par un traumatisme, à prendre acte de l’événement traumatique pour ne plus vivre dans la dépression.)
    Bonne soirée, Cilou

  2. canelle49 dit :

    Bonsoir JJ,

    Que te dire, sinon que je suis rentrée dans le monde de Charles Dickens, une maison qui fait peur, des souvenris qui font mal, des drames qui font mal et des souvenirs qui ne sont pas toujours les bienvenus, une larmes au coin de l’oeil et puis le naufrage de tant de vie, je vois, une fois de plus que la vie pour certains n’a pas été tendre, une fois encore je me demande pourquoi ceux qui ont tout pour être heureux ne le sont jamais et se plaignent de la vie, alors que pour d’autres un petit bonheur de rien du tout fait leur Bonheur!

    Bisous JJ comme tu as bien fait de ne pas te laisser manger!

    Helene

    Dernière publication sur air du temps : Un cri d'amour !

  3. Ah ces chiennes histoires de famille,que de souffrance,que de non-dits,non-dit oui c’est bien ça,car n’est-ce souvent ce manque de dialogue,de vérité des sentiments qui crée ces tensions insurmontables,ce putain de mot amour que personne ne veut prononcer !!!
    Loic,nuiteux de passage;à bientôt.

    Dernière publication sur Chasseur d'Images Spirituelles : Les enfants d'une vérité éternelle

  4. bayelef dit :

    Coucou JJ
    Comme dit Canelle, Dickens n’est pas loin , mais la vie ressemble souvent à ses romans. la vie mord parfois très fort , c’est pour cela qu’il faut relever la tête et chanter pour faire fuir la peur et continuer de vivre. Dieu veille et nous aide à porter certains fardeaux trop lourds.
    Merci de tes gentils paroles sur mon blog.
    Bisous
    brigitte

    Dernière publication sur l'esprit des anges 2 : L' Amour est le lien que Dieu nous tend..........

  5. Ô Cilou,

    Tes paroles sont à l’image de tes poèmes :
    La surface, c’est de l’or…
    Grattez et grattez encore :
    c’est encore en toujour de l’or !!!

    Bisous à plus,

    Jean-Jacques.

  6. Salut Canelle,

    J’ai beaucoup hésité à diffuser cet article que j’ai sorti au forceps…

    Mais quelquechose me dit qu’il faut continuer, qu’il y aura positif à la fin.

    Faut dire que la fin, je la connais ;)

    Bisous,

    Jean-Jacques.

  7. Salut Chasseur d’images,

    L’amour, ça fait changer la vie…
    Que d’obstacles, mais de belles émotions si bien traduites par les poètes, et que c’est beau quand c’est si bien interprété par l’un d’eux !!!

    http://www.youtube.com/watch?v=MfLDM1iap1k

    J’ai écouté cette chanson en 1978 en direct : Jean Vallé méritait réellement de gagner et méritait les applaudissements qui ont duré très longtemps…

    « Ah-nee-bee » a gagné : j’ai jamais compris !

    M’enfin, c’est une autre histoire.

    Amitiés,

    Jean-Jacques

  8. Mes respects du jour Bayelef,

    Dieu…

    J’espère que son magasinier lui fournira assez de stock de pardon pour moi, quand je serai face à lui !

    Car je ne fus pas toujours très tendre avec lui dans mes propos, mais c’est grâce à des rencontres comme la nôtre que je suis de plus en plus persuadé qu’il est le plus fort !
    Le pire : il ne le fait pas exprès et nous aborde avec tellement d’amour !!!

    Ca déconcerte quand on a toujours été obligé de se battre, physiquement parfois, mais surtout psychologiquement…

    La crainte de Dieu ?

    Mais il semble qu’il n’ait jamais voulu ça !!!
    C’était plutôt la lubie de quelques hommes qui ont voulu le récupérer : les inconscients…

    S’il avait voulu instaurer la crainte, ses musiques divines ne seraient pas aussi douces aux oreilles des humains !

    Courage et bisous,

    Jean-Jacques.

  9. bayelef dit :

    Mon cher Jiji
    je lis avec retard tous tes coms et je t’en demande pardon.
    Dieu est une énergie d’Amour qui ne juge pas et pardonne avant même que l’on commence notre bêtise car il sait! Il est compassion et tendresse. Jamais il ne reproche nos colères contre lui, il sait que nous sommes imparfaits avec une comprehension limitée de son essence alors, ne t’inquiète pas pour la facture, il n’y en a pas. Tout est bien.
    Bises

    Dernière publication sur l'esprit des anges 2 : L' Amour est le lien que Dieu nous tend..........

  10. Ô Bayelef,

    Je vais donc rectifier mon « plan de vol » pour le jour où l’échéance sera arrivée (si ça pouvait attendre un peu, ça m’arrangerait ;) )…

    Bisous,

    Jean-Jacques.

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